jeudi 10 mai 2012

Utile, la reliance ?

Utile, la reliance?
Marcel Bolle de Bal (1) 
le pense.
Parce que ce concept 
joue un rôle-charnière.
Parce qu'il exerce 
une fonction interprétative. 
Et parce qu'il «permet 
de comprendre 
et de relativiser 
les divers désirs de reliance 
ainsi que leur dynamique».
Explications.

Marcel Bolle de Bal

J’espère avoir laissé entrevoir, dans le peu de place dont je dispose, la spécificité du concept de «reliance».
Reste à prouver son utilité. 
Je considère que celle-ci se marque dans trois directions: 
. épistémologique (il s’agit d’un concept-charnière), 
. heuristique (il permet de comprendre et d’interpréter les avatars contemporains du lien social), 
. prospective (il traduit une dynamique de créativité potentielle).

La reliance, concept-charnière: 
liens sociaux et liens scientifiques

L’intérêt épistémologique du concept de «reliance» et plus particulièrement de celui de «reliance sociale», me paraît résider dans le fait qu’il se situe à l’articulation d’au moins trois approches du lien social: une approche sociologique (la médiatisation du lien social et la création de rapports sociaux complémentaires), une approche psychologique (l’aspiration de nouveaux liens sociaux), une approche philosophique (les liens manifestes ou latents entre reliance et religion).
Or la sociologie existentielle qu’à la suite d’Edouard Tiryakian (2) je souhaite voir s’élaborer progressivement (3) suppose une ouverture vers des disciplines complémentaires trop souvent ignorées ou négligées : la philosophie et la psychologie notamment.

Ce que Jean Maisonneuve a écrit (4) à propos du concept «groupe de référence» me paraît applicable, mutatis mutandis, au concept de «reliance» : «il s’agit d’un concept charnière indispensable en psychosociologie, il permet de relier les situations collectives où l’individu est sans cesse immergé (au sein de tel groupe, près de tel compagnon) et les processus psychologiques qui confèrent leur sens à ces situations en fonction d’une dynamique personnelle».

La reliance, concept interprétatif: 
lien social et expérience communautaire

Ce concept-charnière n’a pas qu’un intérêt théorique abstrait. 
Il permet de rendre compte, et surtout d’éclairer d’un jour nouveau des procès de reliance visant à la création de liens sociaux nouveaux, en rupture avec les structures de reliance instituées. 
A titre d’illustration, j’évoquerai brièvement le cas d’une communauté contre-culturelle que j’ai pu étudier de façon privilégiée, en lui appliquant une grille d’analyse inspirée du concept de «reliance» (5).

En 1971, quelques jeunes bruxellois, marqués par leur expérience des événements de mai 1968, décident d’affirmer leur rejet de la famille traditionnelle, de fonder une communauté, de mettre en pratique les principes de la contre-culture, bref d’instituer entre eux de nouveaux types de liens sociaux. 
Toutes leurs tentatives en ce sens débouchent sur des échecs durement ressentis. Les liens sociaux anciens opèrent un spectaculaire rétablissement: une quadruple restauration –des valeurs, de la famille, du pouvoir, des rôles– illustre ce retour de la culture dans la contre-culture, de la société dans la communauté. 
Retour de la société qui entraîne un retour à la société: après trois ans, les communards décident de mettre fin à leur expérience.

Comment pouvons-nous interpréter celle-ci 
en termes de «liens sociaux» et de «reliance» ?

Ma thèse est que cette communauté, comme la plupart des associations de ce type ayant fleuri dans l’après 68, constitue le symptôme d’une réaction contre l’un des traits essentiels de la société contemporaine, société de «déliance» marquée par la désagrégation des groupes sociaux de base, par des carences de reliance (dans la nature des liens sociaux). 
Au sein d’un tel système social naissent et se développent des désirs de reliance: les individus isolés souhaitent être reliés, c'est-à-dire liés à nouveau et liés autrement. 
Ils caressent un rêve communautaire et élaborent un projet de reliance (ou plus exactement un projet de contre-reliance); ils décident de créer une famille communautaire, concrétisation de leur aspiration à la reliance sociale (stricto sensu: quête utopique d’un monde solitaire, idyllique, signifiant, convivial). 
La contre-culture, ici, peut être analysée comme une structure de reliance symbolique pour des contestataires en rupture de ban sociétaire. 
Les manifestations extérieures qu’elle inspire et qui l’expriment – les vêtements «hippies», les cheveux longs, la drogue, la musique, le voyage– témoignent des liens qui «relient» ses adeptes. 
Mais lorsque le projet prend corps, que l’expérimentation communautaire de nouveaux liens sociaux et lancée, ce procès de reliance met l’utopie à rude épreuve. 
Les communards découvrent la nature paradoxale du lien social communautaire voulant se relier entre eux, ils se délient du monde extérieur; voulant se relier à soi, ils découvrent leur solitude existentielle, leur déliance fondamentale. 
L’utopie mise à l’épreuve devient épreuve initiatique pour ses adeptes, occasion de développer leurs capacités de reliance: de reliance à soi (un Moi renforcé car devenu capable d’affronter et de surmonter l’angoisse de séparation), de reliance aux autres (capacité de partager les solitudes, de négocier, de dialoguer, de s’affronter aux autres), de reliance au système macro-social (prise de conscience des réalités politiques et économiques) et au système micro-social (apprentissage de l’autogestion). 
Rien à voir donc, bien au contraire, avec d’éventuelles aspirations à des liens fusionnels. 
Ces capacités aiguisées de la sorte, les communards se sentent mûrs pour dissoudre leur communauté, pour assumer la déliance que cela représente, pour partir, forts de leur maturité acquise, en quête de nouveaux liens sociaux, éventuellement communautaires.

Point d’échec donc, malgré les apparences et au grand dam d’esprits superficiels et/ou chagrins. 
Certes, l’utopie d’une reliance directe, immédiate, a reculé devant l’exigence d’une reliance instituée. 
Certes, cette dernière elle-même n’a pas survécu à ses contradictions internes. 
Mais la rupture de la reliance communautaire n’a pas entraîné la fin de la tentation communautaire, les liens créés et expérimentés au cours de ce procès ont été tissés, de l’avis des intéressés, dans un fil plus solide que ceux qui forment la trame de la reliance commune, l’aspiration à la reliance communautaire, à un mode communautaire de reliance est sortie renforcée de l’épreuve: elle est cette fois libérée de l’infantile désir de liens sociaux fusionnels. 
Le concept de reliance, avec ses multiples facettes, permet de comprendre et de relativiser les divers désirs de reliance ainsi que leur dynamique. (6)(7)

(A suivre)

Marcel Bolle de Bal 

(1) Le (psycho)sociologue belge Marcel Bolle de Bal est professeur émérite de l'Université Libre de Bruxelles et président d'honneur de l'Association Internationale des Sociologues de Langue Française. Il a été consultant social (durant de nombreuses années), conseiller communal à Linkebeek, en périphérie bruxelloise (1965-1973, 1989-2000), lauréat du Prix Maurice van der Rest (1965). Il a signé plus de 200 articles et une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels...
. Les doubles jeux de la participation. Rémunération, performance et culture, Presses Interuniversitaires Européennes, Bruxelles, 1990;
. Wegimont ou le château des relations humaines. Une expérience de formation psychosociologique à la gestion , Presses Interuniversitaires Européennes, Bruxelles, 1998;
.
Les Adieux d'un sociologue heureux. Traces d'un passage, Paris, l'Harmattan, 1999;
. Le Sportif et le Sociologue. Sport, Individu et Société, (avec Dominique Vésir), Paris, l'Harmattan, 2001;
. Surréaliste et paradoxale Belgique. Mémoires politiques d'un sociologue engagé, immigré chez soi et malgré soi, Paris, l'Harmattan, 2003;
. Un sociologue dans la cité. Chroniques sur le Vif et propos Express, Paris, l'Harmattan, 2004;
. Le travail, une valeur à réhabiliter. Cinq écrits sociologiques et philosophiques inédits, Bruxelles, Labor, 2005;
. Au-delà de Dieu. Profession de foi d'un athée lucide et serein, Bruxelles,Ed. Luc Pire, 2007;
. Le croyant et le mécréant. Sens, reliances, transcendances" (avec Vincent Hanssens), Bierges, Ed. Mols, 2008.
(2) Edouard TIRYAKIAN, « Vers une sociologie de l’existence », in Perspectives de la sociologie contemporaine. Hommage à Georges Grevitch, Paris, PUF, 1968, pp. 445-465.
(3) Marcel BOLLE DE BAL, « De l’esthétique sociale à la sociologie existentielle, sous le signe de la reliance », Sociétés, n° 36, 1992, pp. 169-178.
(4) Jean MAISONNEUVE, Introduction à la psychosociologie, Paris, PUF, 1973, p. 155.
(5) Marcel BOLLE DE BAL, La tentation communautaire. Les paradoxes de la reliance et la contre-culture, Bruxelles, Ed. de l’Université de Bruxelles, 1985. 
(6) Le contenu de ce message nous a été envoyé par l'auteur, que nous remercions. Il constitue la cinquième partie d'un texte qui a déjà fait l'objet d'une publication: Bolle de Bal Marcel, Reliance, déliance, liance: émergence de trois notions sociologiques, in Sociétés 2003/2 (no 80), pp.99-131. Le solde du texte original suivra. Le titre et le chapeau sont de la rédaction.
(7) Pour suivre (sous réserve de modifications de dernières minutes): des messages consacrés
. à la déliance et à la liance (par Marcel Bolle de Bal),
. à la sociologie existentielle (par Marcel Bolle de Bal),

. au personnalisme (par Vincent Triest, Marcel Bolle de Bal...)....

mercredi 9 mai 2012

Actu. Et maintenant, François, au boulot... !

«Réussir
les 100 premiers jours.»
 Ainsi se libelle l'invitation
lancée à François Hollande. 
De même que le leitmotiv 
de la manifestation 
organisée
par le Collectif 
Roosevelt 2012. 
Ce 14 mai, à Paris.


Ils étaient nombreux, le premier mai, à Toulouse, Grenoble, Caen, Amiens, Lyon, Bordeaux et Paris pour diffuser leurs quinze propositions (vidéo). 
Soit un échantillon du panel de quarante mille citoyens qui entendent pousser François Hollande à agir audacieusement et avec force dès le début de son mandat, comme Roosevelt en son temps.
Quarante mille citoyens dont près de cinq mille s'organisent déjà sur un réseau social afin d'agir sur leurs territoires et de solliciter leurs élus.
Quarante mille citoyens dont les représentants organisent un grand débat ce 14 mai (de 20h à 22h30), à Paris.
Quarante mille citoyens dont une partie se déplacera ce soir-là pour écouter
. Stéphane Hessel, 
. Susan George, 
. Edgar Morin, 
. Cynthia Fleury, 
. William Bourdon de la Fondation Danielle Mitterrand
. Patrick Doutreligne de la Fondation Abbé Pierre
. Valentine Umansky de Génération Précaire
. Patrick Pelloux, 
. Thierry Marchal-Beck du Mouvement des Jeunes Socialistes
. Bruno Gaccio 
. et Pierre Larrouturou.
Le leitmotiv de la manifestation?
«Réussir les 100 premiers jours.»
Voulez-vous en être?
Le nombre de places étant limité, l'inscription (gratuite) est alors obligatoire.
Est ou plutôt... était !
«C'est que nous sommes déjà au complet dans la salle, explique Nathalie Munoz.
Le mieux est donc de convier le plus grand nombre à se connecter à partir de 19h30 sur roosevelt2012.fr.» 
Le débat, en effet, pourra aussi être suivi en direct sur Internet.

 
En bref 
Quoi?
Un débat: «Réussir les 100 premiers jours.»
Qui?
Un organisateur: le Collectif Rossevelt 2012, autour de Thomas Berriot, Nathalie Munoz et Thomas Mazière.
Des participants: Stéphane Hessel, Susan George, Edgar Morin, Cynthia Fleury, William Bourdon de la Fondation Danielle Mitterrand, Patrick Doutreligne de la Fondation Abbé Pierre, Valentine Umansky de Génération Précaire, Patrick Pelloux, Thierry Marchal-Beck du Mouvement des Jeunes Socialistes, Bruno Gaccio et Pierre Larrouturou.
Quand?
Le 14 mai 2012, de 20h à 22h30.
Où?
A la Bourse du Travail,
salle Ambroise Croizat,
rue du château d'eau, 3 
75010 Paris
Mais encore...   
. roosevelt2012.fr

lundi 7 mai 2012

Actu. Delors revisite Sangnier


Education populaire, nouvelle gauche... 
Quelles sont les leçons à tirer pour demain?
Pour répondre à cette question,
Jacques Delors s'apprête à revisiter Marc Sangnier (1).
Ce 24 mai, à Paris.

Jacques Delors n’a pas connu directement Marc Sangnier.
N'empêche: il est souvent considéré comme l’un de ses héritiers.
Sinon comme l’héritier.
L'héritier, donc, d'un homme
connu pour sa forte implication dans le développement du catholicisme social et de la démocratie chrétienne.  
Un constat qui n'a échappé ni à l’Institut Marc Sangnier ni à La Vie Nouvelle.
Et qui débouchera bientôt sur une conférence: «Jacques Delors revisite l'héritage laissé par Marc Sangnier».
En bref
Quoi?
Une conférence: 
 «Jacques Delors revisite l'héritage laissé par Marc Sangnier.
(Education populaire, nouvelle gauche...: les leçons à tirer pour demain)
Qui?
Un orateur: Jacques Delors.
Deux organisateurs: l’Institut Marc Sangnier et La Vie Nouvelle.
Quand?
 Le jeudi 24 mai 2012, de 18h à 20h.
Où?
Institut Marc Sangnier,
38 boulevard Raspail, 
Paris 7e.
Mais encore?
Entrée libre sur inscription préalable: info@marc-sangnier.com
Tél. : 0(033)1 45 48 77 70 
Cfr. aussi: La Vie Nouvelle
21, rue des Malmaisons, 
Paris 13e
Tél. : 0(033)1 55 35 36 46

(1) Journaliste, homme politique et pacifiste français, Marc Sangnier est né en 1873 et décédé en 1950.

vendredi 4 mai 2012

Visionnaire, la reliance ?



Visionnaire, 
la reliance?
Oui.
Sous certains aspects
du moins.
A commencer par un:
ce concept 
semble mieux adapté  
que tout autre 
à l'expression
d'une réalité 
aujourd'hui 
émergente. 
Dixit Marcel Bolle de Bal (1)...
  
Marcel Bolle de Bal

D’aucuns, au premier rang desquels Renaud Sainsaulieu ont émis quelques doutes sur l’utilité et la spécificité du concept de reliance: pourquoi créer un mot presque nouveau pour décrire une réalité déjà habillée d’une garde-robe conceptuelle bien fournie; appartenance, intégration, aliénation, dépendance, dominance, adhésion, participation ne constituent-ils pas une panoplie surabondante de concepts psychosociologiques bien introduits en chaires?

Spécificité du concept

Ma conviction est que ce terme est utile, nécessaire, qu’il exprime une réalité émergente, dont l’émergence est liée à l’évolution du système social global et dont aucun des autres concepts ne rend compte de façon réellement satisfaisante, c'est-à-dire avec une précision suffisante.

Encore convient-il d’étayer cette opinion, de justifier ce jugement, de démontrer la spécificité du concept de reliance par rapport à ses concurrents ayant pignon sur rues académiques.

J’y ai consacré quelques analyses que, faute de place, je ne peux songer à reprendre ou développer (2).

J’ai ainsi pu mettre en évidence que la reliance ne pouvait être confondue, entre autres ni avec l’appartenance, ni avec la dominance, ni avec l’affectivité.

Avec l’appartenance, tout d’abord.
Reliance et appartenance constituent deux réalités –deux états, deux actions ou deux aspirations– qui, tout en possédant une partie commune (la reliance en tant qu’appartenance à un groupe social particulier, l’appartenance en tant qu’impliquant une certaine reliance) se dépassent manuellement, se différencient par des traits spécifiques: la reliance peut exister indépendamment de l’appartenance, l’appartenance exige d’autres ingrédients que la reliance.

Avec la dominance et l’affectivité, ensuite. 
Les relations sociales, les liens psychosociaux charrient la plupart du temps des éléments de dominance et d’affectivité, mais ces deux notions ne peuvent être confondues avec celle de reliance (3).
Chronologiquement, dans un échange social, la reliance intervient en premier lieu au moment de la formation de la relation, alors que la dominance et l’affectivité se développent lorsque la relation est nouée. 
La reliance ne concerne que le fait de relier, d’être relié ou de se relier, non le désir de dominer ou les sentiments affectifs qui peuvent le teinter d’une coloration particulière. 
La démarcation entre ces deux concepts est indispensable si l’on souhaite conserver à celui de «reliance» son potentiel descriptif et analytique.

Le terme liens pourrait, lui aussi, paraître adéquat pour décrire la création de liens sociaux.
Toutefois, il lui manque, par rapport au concept de reliance, trois dimensions essentielles: sociologiques (la «complémentarité» définie par Eugène Dupréel), philosophique ( la reliance cosmique), psychologique (la reliance à soi). 
D’autres termes, tels «interaction», «alliance», «relation» ou «interpersonnel» (à propos desquels Renaud Sainsaulieu s’est demandé s’ils ne suffisaient pas à rendre compte de la réalité à décrire) ne me paraissent guère exprimer, par eux-mêmes et de façon aussi synthétique, les trois dimensions sociologiques du concept de reliance: la médiatisation, la médiation et le produit. 
Au lecteur de juger et d’apporter, s’il le veut, sa critique constructive: elle sera très appréciée. (4)(5)

(A suivre)

Marcel Bolle de Bal

(1) Le (psycho)sociologue belge Marcel Bolle de Bal est professeur émérite de l'Université Libre de Bruxelles et président d'honneur de l'Association Internationale des Sociologues de Langue Française. Il a été consultant social (durant de nombreuses années), conseiller communal à Linkebeek, en périphérie bruxelloise (1965-1973, 1989-2000), lauréat du Prix Maurice van der Rest (1965). Il a signé plus de 200 articles et une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels...
. Les doubles jeux de la participation. Rémunération, performance et culture, Presses Interuniversitaires Européennes, Bruxelles, 1990;
. Wegimont ou le château des relations humaines. Une expérience de formation psychosociologique à la gestion , Presses Interuniversitaires Européennes, Bruxelles, 1998;
.
Les Adieux d'un sociologue heureux. Traces d'un passage, Paris, l'Harmattan, 1999;
. Le Sportif et le Sociologue. Sport, Individu et Société, (avec Dominique Vésir), Paris, l'Harmattan, 2001;
. Surréaliste et paradoxale Belgique. Mémoires politiques d'un sociologue engagé, immigré chez soi et malgré soi, Paris, l'Harmattan, 2003;
. Un sociologue dans la cité. Chroniques sur le Vif et propos Express, Paris, l'Harmattan, 2004;
. Le travail, une valeur à réhabiliter. Cinq écrits sociologiques et philosophiques inédits, Bruxelles, Labor, 2005;
. Au-delà de Dieu. Profession de foi d'un athée lucide et serein, Bruxelles,Ed. Luc Pire, 2007;
. Le croyant et le mécréant. Sens, reliances, transcendances" (avec Vincent Hanssens), Bierges, Ed. Mols, 2008.
(2)
Marcel BOLLE DE BAL, Reliance sociale, recherche sociale, action sociale, op. cit., pp. 48-56

(3) Michel Crozier souligne avec force que toute relation à l’autre implique des éléments de pouvoir et de dépendance. Cf. notamment Michel CROZIER et Erhard FRIEDBERG, L’acteur et le système social, Paris, Seuil, 1977, pp. 178 et ss.
(4) Le contenu de ce message nous a été envoyé par l'auteur, que nous remercions. Il constitue la quatrième partie d'un texte qui a déjà fait l'objet d'une publication: Bolle de Bal Marcel, Reliance, déliance, liance: émergence de trois notions sociologiques, in Sociétés 2003/2 (no 80), pp.99-131. Le solde du texte original suivra. Le titre et le chapeau sont de la rédaction.
(5) Pour suivre (sous réserve de modifications de dernières minutes): des messages consacrés
. à la reliance, à la déliance et à la liance (par Marcel Bolle de Bal),
. à la sociologie existentielle (par Marcel Bolle de Bal),

. au personnalisme (par Vincent Triest, Marcel Bolle de Bal...)....

mercredi 2 mai 2012

Pierre Larrouturou. «Nous ne voulons pas mourir dans les décombres du néolibéralisme !»



Le journal Le Monde vient de publier une tribune 
de l'économiste français Pierre Larrouturou, 
qui appelle à signer le Manifeste Roosevelt 2012.
Tribune qu'un représentant du collectif du même nom,  
Thomas Mazière, 
nous appelle à «diffuser sans modération».
La voici donc...

Pierre Larrouturou, 
Membre du Collectif Roosevelt 2012

«Les systèmes tiennent souvent plus longtemps qu'on ne le pense, mais ils finissent par s'effondrer beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine
En quelques mots, l'ancien chef économiste du Fonds monétaire international, Kenneth Rogoff, résume bien la situation de l'économie mondiale. 
Quant au gouverneur de la Banque d'Angleterre, il affirme que «la prochaine crise risque d'être plus grave que celle de 1930»...
La zone euro ne va pas bien, mais les Etat-Unis et la Chine, souvent présentés comme les deux moteurs de l'économie mondiale, sont en fait deux bombes à retardement: la dette totale des Etats-Unis atteint 358 % du produit intérieur brut (PIB); la bulle immobilière chinoise, presque trois fois plus grosse qu'elle ne l'était aux Etats-Unis avant la crise des subprimes, commence à éclater.
Vu le contexte international, comment le PS et l'UMP peuvent-ils continuer de tout miser sur le retour de la croissance? 
Il n'y a qu'une chance sur mille pour que ce rêve devienne réalité.  
«Ça va être effroyable, me confiait récemment un responsable socialiste.  
Il n'y aura aucune marge de manoeuvre. 
Dès le mois de juin, on va geler des dépenses. 
Dans quelques mois, le pays sera paralysé par des manifestations monstres et, en 2014, on va se prendre une raclée historique aux élections.»
L'austérité est-elle la seule solution? 
La gauche au pouvoir est-elle condamnée à décevoir? 
Non. 
L'Histoire montre qu'il est possible de s'extraire de la «spirale de la mort» dans laquelle nos pays sont en train de s'enfermer.

En 1933...

En 1933, quand Roosevelt arrive au pouvoir, les Etats-Unis comptent 14 millions de chômeurs, la production industrielle a diminué de 45 % en trois ans.
Il agit alors avec une détermination et une rapidité qui raniment la confiance: certaines lois sont présentées, discutés, votées et promulguées dans la même journée. 
Son objectif n'est pas du tout de «rassurer les marchés financiers», mais de les dompter.
Son but n'est pas de donner du sens à l'austérité, mais de reconstruire la justice sociale. 
Les actionnaires sont furieux et s'opposent de toutes leurs forces à la loi qui sépare les banques de dépôt et les banques d'affaires, aux taxes sur les plus hauts revenus ou à la création d'un impôt fédéral sur les bénéfices.
Mais Roosevelt tient bon et fait voter quinze réformes fondamentales en trois mois. 
Les catastrophes annoncées par les financiers ne se sont pas produites. 
Mieux! 
L'économie américaine a très bien vécu avec ces règles pendant un demi-siècle.
Ce qu'a fait Roosevelt en matière économique n'était sans doute pas suffisant (sans l'économie de guerre, les Etats-Unis allaient retomber en récession), mais les réformes qu'il a imposées en matière bancaire et fiscale ont parfaitement atteint leurs objectifs.
Jusqu'à l'arrivée de Ronald Reagan en 1981, l'économie américaine a fonctionné sans avoir besoin ni de dette privée ni de dette publique.
Alors que, pendant trente ans, des règles fordistes avaient assuré un partage équitable de la valeur ajoutée entre les salariés et les actionnaires, les politiques de dérégulation ont, en trente ans, fait passer la part des salaires de 67% à 57% du PIB des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce qui a conduit à augmenter tant la dette publique -car les impôts sur les salaires et la consommation sont la première ressource des Etats- que la dette privée, car les salariés ont dû s'endetter pour maintenir leur niveau de vie.
C'est à cause du chômage et de la précarité que la part des salaires a tellement baissé dans tous nos pays: le chômage n'est pas seulement une conséquence de la crise que nous vivons depuis cinq ans, il en est une des causes fondamentales. 
On ne pourra pas sortir de la crise sans s'attaquer radicalement au chômage et à la précarité.
 N'en déplaise aux néolibéraux, nous ne sommes pas face à une crise de l'Etat-providence, mais bien face à une crise du capitalisme dont l'extrême gravité rend insuffisantes les réponses classiques de l'Etat-providence. 
La justice sociale n'est pas un luxe auquel il faudrait renoncer à cause de la crise; reconstruire la justice sociale est le seul moyen de sortir de la crise!

Deux stratégies possibles pour le prochain président

Deux stratégies sont possibles pour le prochain président de la République... 
- Soit il pense que la crise est bientôt finie et qu'il suffit d'une bonne gestion des finances publiques pour passer les quelques mois difficiles qui nous séparent de l'embellie.
- Soit il pense au contraire qu'il ne reste qu'un temps limité avant un possible effondrement du système économique, et il doit «faire du Roosevelt»
. organiser un nouveau Bretton Woods dès le mois de juillet 2012,  
. mettre fin aux privilèges incroyables des banques privées dans le financement de la dette publique,  
. lutter frontalement contre les paradis fiscaux,
. agir avec force contre le chômage et la précarité en lançant dès le mois de mai des états généraux de l'emploi: trois mois de travail avec l'ensemble des partenaires concernés pour construire un nouveau contrat social, comme l'ont fait en 1982 les Néerlandais avec les accords de Wassenaar.
Quel est le rôle historique de la gauche européenne? 
Gérer l'effondrement du modèle néolibéral, quitte à mourir dans les décombres, ou accoucher d'une nouvelle société avant que la crise, comme dans les années 1930, ne débouche sur la barbarie?
Pour pousser le prochain président à l'audace, nous venons de créer le Collectif Roosevelt 2012: avec Stéphane Hessel, Edgar Morin, Susan George, Michel Rocard, René Passet, Dominique Méda, Lilian Thuram, Robert Castel, Bruno Gaccio, Roland Gori, Gaël Giraud, la Fondation Abbé Pierre, la Fondation Danielle Mitterrand, la Ligue de l'enseignement, Génération précaire et bien d'autres, notre objectif est simple: provoquer un sursaut!
Si vous partagez cette envie, rejoignez le collectif en signant son manifeste et les quinze propositions de réformes sur www.roosevelt2012.fr. (1)

lundi 30 avril 2012

Reliances à soi, aux autres, au monde...

Reliance à soi,
reliance aux autres, 
reliance au monde,
reliance entre idées et 
disciplines scientifiques...
A en croire 
Marcel Bolle de Bal (1)
le concept de reliance 
mène fort loin.
Au-delà de 
 la psycho-sociologie.
Aux confins d'une certaine anthropologie.
Laïco-nietzschéenne...

Marcel Bolle de Bal

Parti avec mon équipe de chercheurs (2) d’une étude et d’une définition de la reliance sociale (à la reliance aux autres), j’ai été progressivement amené à élargir cette notion et, dans un premier temps, à y intégrer deux autres dimensions essentielles des enjeux de reliance: la reliance à soi (reliance psychologique), la reliance au monde (reliance culturelle, écologique ou cosmique). 

La reliance : dimension anthropologique du concept

A chacun de ces enjeux correspondent en effet un travail social et psycho-social sur trois notions-clés pour le devenir humain:
- l’identité, au cœur du travail de reliance à soi (reliance psychologique),
- la solidarité (ou la fraternité), au cœur du travail de reliance aux autres (reliance sociale),
- la citoyenneté, au cœur du travail de reliance au monde (reliance culturelle, écologique ou cosmique).

Dans une démarche ultérieure, j’ai, suite à divers échanges avec Edgar Morin, complété les définitions initiales en y ajoutant ce que nous pourrions appeler la reliance cognitive, reliance des idées et des disciplines scientifiques, démarche indispensable pour prendre ne compte la complexité des réalités humaines et sociales, pour contribuer au développement de la «pensée complexe» (3).

Ce faisant, la «reliance» par delà sa dimension de concept sociologique, acquiert une réelle dimension «anthropologique», ce qui nous conduit à nous interroger sur son substrat anthropologique, sur les finalités politico-scientifiques auxquelles son usage peut donner corps.

La reliance, substrat anthropologique

Certains, en effet, ne se font pas faute d’exprimer leur inquiétude face au risque de dérive psychologique d’un concept que l’on tient à ancrer fermement dans le champ sociologique. 
Une telle inquiétude a sous-tendu, par exemple, les critiques que m’ont initialement adressées des sociologues aussi avertis que Raymond Ledrut et Renaud Sainsaulieu. 
La qualité de leurs auteurs m’a paru mériter une sérieuse prise en compte de leurs arguments et une réponse circonstanciée.

Une anthropologie judéo-chrétienne ?

Derrière la mise en valeur de l’idée de reliance, Raymond Ledrut a cru pouvoir déceler une vision anthropologique contestable : celle, judéo-chrétienne, de la «bergerie fraternelle», de «la communauté pacifique et bienheureuse», de «l’homme sujet et cœur» (4)
Renaud Sainsaulieu l’a rejoint dans une certaine mesure lorsqu’il a interprété le désir de reliance comme une sorte d’«aspiration fusionnelle», lorsqu’il voit dans la reliance un type particulier de relation où le désir d’être entendu et accepté sans lutte ni stratégie serait central. 
Bref, je me serais fait l’avocat d’«une sociologie de faibles en quête d’attention que seul l’amour peut justifier» (5).

Je tiens à l’affirmer avec force: je ne reconnais nullement mon projet dans ces critiques qui lui ont été adressées. 
Celles-ci ont probablement été inspirées par l’application que j’avais faite du concept à l’interprétation d’une expérience communautaire en Belgique dans les années 70, et sur laquelle je reviendrai un peu plus loin.

Afin de clarifier le débat et d’en bien situer les enjeux, je me dois de tenter d’apporter deux précisions: l’une d’ordre conceptuel, l’autre d’ordre philosophique (ou idéologique).

Le double sens de la reliance sociale

Bien des confusions à propos de l’idée du concept et des politiques de reliance sociale sont liées au fait qu’une distinction élémentaire n’est pas faite entre deux sens de ce terme:
- la reliance sociale lato sensu (au sens large) telle que je l’ai définie jusqu’à présent, à savoir la création de liens entre des acteurs sociaux;
- la reliance sociale stricto sensu (au sens étroit), c'est-à-dire l’action visant à créer ou recréer des liens entre des acteurs sociaux que la société tend à séparer ou à isoler, les structures permettant de réaliser cet objectif, les liens ainsi créés ou recréés.

La première définition est générale et englobante: elle ne comporte point de jugement de valeur et tend à recouvrir toutes les situations existantes. 
La seconde, en revanche, est plus contingente et plus normative: elle se réfère à des aspirations spécifiques des acteurs sociaux dans le cadre de la société de la foule solitaire et aux stratégies spécifiques d’action développées afin de répondre à la fois à leurs aspirations en matière de reliance sociale (procès et structures) et à leurs aspirations à la reliance sociale (c'est-à-dire à leur désir de liens chaleureux, fraternels, proches, conviviaux). 
Bref à leur quête d’un renouveau de communications, de contacts, d’échanges, de partage, de rencontres, d’affection, d’amour, d’identité.
La première fonde une grille d’analyse sociologique, la seconde éclaire des objectifs d’action sociale.

Le second sens est certainement à l’origine de l’intérêt pour le concept de reliance. 
Et c’est à lui que s’adressent non moins évidemment les critiques à cet égard partiellement fondées de Raymond Ledrut et Renaud Sainsaulieu. 
Partiellement, car l’aspiration à la reliance sociale peut être de divers types: elle n’implique pas nécessairement un désir fusionnel, elle peut être désir d’échange de solitudes acceptées comme irréductibles. 
L’interprétation de mes contradicteurs est limitée, elle ne concerne qu’une des conceptions de la reliance sociale: c’est précisément elle que j’ai voulu dépasser en proposant ce concept qui permet, me semble-t-il, d’échapper à l’anthropologie judéo-chrétienne originelle pour se rapprocher de ce que je serais tenté de situer, à la suite des réflexions de Raymond Ledrut (6), dans la perspective d’une anthropologie laïco-nietzchéenne.

Une anthropologie laïco-nietzchéenne ?

En tant que citoyen, j’avouerai sans nulle honte trouver sympathiques les valeurs judéo-chrétiennes décrites (dénoncées ?) par mes interlocuteurs. 
A condition d’en affirmer les limites, d’éviter de tomber dans le piège de l’illusion groupale, de l’idyllisme communautaire, de la fraternité irénique.

En tant que sociologue, je pourrais me contenter de procéder à l’analyse critique de ces illusions et de ces leurres, des contradictions et impasses de pratiques contestées visant à répondre à des aspirations certes légitimes. 
Mais j’ai estimé devoir aller plus loin, ne pas limiter l’analyse à ce sens étroit de la reliance sociale, élargir l’outil conceptuel en lui donnant toute son ampleur sociologique: de là est née la définition de la reliance sociale au sens large.

L’anthropologie qui fonde celle-ci est laïque: en quelque sorte la reliance sociale peut apparaître comme la forme profane de la religion. 
Les deux actions sont en effet construites sur le même radical sémantique (religare: relier). 
N’est-ce pas Freud qui considérait que l’une des fonctions de la religion consistait à unir les individus au groupe en fusionnant les charges affectives contenues et en les libérant grâce à des rites empruntant à leur dimension collective une ferveur émotionnelle intense? 
Liens sociaux avec transcendance d’une part, liens sociaux sans transcendance, ou avec une transcendance immanente d’autre part. 
Dans une première approche, l’idée de reliance sociale, cas particulier de religio, paraît donc fondée sur une anthropologie laïque. 
Mais elle l’est tout autant si l’on préfère voir dans la religion un cas particulier de reliance (méta-sociale?) impliquant une référence transcendantale… conception que je suis enclin à adopter aujourd’hui.

Une anthropologie que l’on pourrait dire nietzschéenne aussi: car loin de faire sien l’idéal de la bergerie fraternelle, de l’affectivité fusionnelle ou de l’empathie consensuelle, elle tient au contraire à se nourrir de lucidité critique, d’analyse dialectique et d’interprétations paradoxales. 
Et s’il fallait, pour être clair, préciser mon système de valeurs par rapport à ce concept de reliance, je dirais que pour moi, la reliance renverrait à une image qui m’est chère: celle de l’échange des solitudes acceptées (image qui répond, sur le plan du lien social, à celle de la route qui relie deux villes dans le désert sur le plan physique…). 
Ecoutons Nietzsche, tel que l’évoque Raymond Ledrut: 
. le lien social «n’existe pas en dehors des rapports sociaux définis» (une structure de reliance à analyser en priorité. MBDB.); 
. la pensée critique doit s’exercer à plein sur une sociologie utopiste ou essentialiste (le concept de reliance au sens large doit y aider, s’il est correctement utilisé); 
. il y a interdépendance et réciprocité de l’individuel et du social; 
. l’individu n’est jamais qu’un imaginaire; 
. dans la société contemporaine l’illusion de la personnalité et de la liberté est fort répandue (l’individu est un être délié-relié); 
. l’interrogation critique est indispensable pour comprendre les nouvelles formes du lien social et l’apparition de nouveaux types de solidarité (je tenterai de le montrer dans quelques instants); 
. l’individualisme (reliance à soi) et l’atomisation (déliance sociale) ne doivent pas être confondues; 
. l’individu est à la fois a-social et social (délié et relié, de façon contradictoire et/ou complémentaire). 
Comment ne pas partager ce projet d’anthropologie critique que nous propose Nietzsche? Personnellement, je m’y reconnais entièrement. 
J’y retrouve les principes directeurs qui inspirent ma vision de la reliance et mes raisons de proposer cette grille de lecture. 
De la discussion entamée, je déduis qu’il me reste un important travail à accomplir pour corriger le tir, pour expliciter l’implicite de mes postulats anthropologiques, la spécificité et l’utilité du concept proposé.

(A suivre)

Marcel Bolle de Bal

(1) Le (psycho)sociologue belge Marcel Bolle de Bal est professeur émérite de l'Université Libre de Bruxelles et président d'honneur de l'Association Internationale des Sociologues de Langue Française. Il a été consultant social (durant de nombreuses années), conseiller communal à Linkebeek, en périphérie bruxelloise (1965-1973, 1989-2000), lauréat du Prix Maurice van der Rest (1965). Il a signé plus de 200 articles et une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels...
. Les doubles jeux de la participation. Rémunération, performance et culture, Presses Interuniversitaires Européennes, Bruxelles, 1990;
. Wegimont ou le château des relations humaines. Une expérience de formation psychosociologique à la gestion , Presses Interuniversitaires Européennes, Bruxelles, 1998;
.
Les Adieux d'un sociologue heureux. Traces d'un passage, Paris, l'Harmattan, 1999;
. Le Sportif et le Sociologue. Sport, Individu et Société, (avec Dominique Vésir), Paris, l'Harmattan, 2001;
. Surréaliste et paradoxale Belgique. Mémoires politiques d'un sociologue engagé, immigré chez soi et malgré soi, Paris, l'Harmattan, 2003;
. Un sociologue dans la cité. Chroniques sur le Vif et propos Express, Paris, l'Harmattan, 2004;
. Le travail, une valeur à réhabiliter. Cinq écrits sociologiques et philosophiques inédits, Bruxelles, Labor, 2005;
. Au-delà de Dieu. Profession de foi d'un athée lucide et serein, Bruxelles,Ed. Luc Pire, 2007;
. Le croyant et le mécréant. Sens, reliances, transcendances" (avec Vincent Hanssens), Bierges, Ed. Mols, 2008.
(2)
Dans le cadre d’un vaste programme interuniversitaire de recherches sur les aspirations de la population belge, notre équipe a mené, de 1975 à 1981, une étude pluridimensionnelle et pluridisciplinaire sur « les aspirations de reliance sociale ». Cette étude, la première du genre sur un tel sujet, constitue l’acte de naissance de l’existence socialement et scientifiquement reconnue du concept de « reliance ». Le premier rapport général de recherche, publié sous la responsabilité scientifique de Marcel Bolle De Bal et Nicole Delruelle et intitulé « Les aspirations de reliance sociale » (Bruxelles, Ministère de la Politique Scientifique, 1978) comprend six volumes :
-          vol. 1 : Reliance sociale, recherche sociale, action sociale (Marcel Bolle De Bal).
-          vol. 2 : Reliance sociale et grandes organisations (Nicole Delruelle et Robert Georges)
-          vol. 3 : Reliance sociale et chômage (Anny Poncin)
-          vol. 4 : Reliance sociale et enseignement (Anne Van Haecht)
-          vol. 5 : Reliance sociale et médecine (Madeleine Moulin)
-          vol. 6 : Reliance sociale, reliance psychologique et reliance psycho-sociale (Armelle Karnas et Martine Van Andruel).
(3) Cf. Edgar MORIN, Introduction à la pensée complexe, Paris, ESF, 1990.
(4) Raymond LEDRUT, in Bulletin de l’AISLF, n° 4, 1987, p. 135.
(5) Renaud SAINSAULIEU, in Bulletin de l’AISLF, n° 4, 1987, p. 138.
(6) Raymond LEDRUT, « L’analyse, critique du lien social : Nietzsche et la situation actuelle de l’anthropologie », in Bulletin de l’AISLF, n° 4, pp. 35-45. 
(7) Le contenu de ce message nous a été envoyé par l'auteur, que nous remercions. Il constitue la troisième partie d'un texte qui a déjà fait l'objet d'une publication: Bolle de Bal Marcel, Reliance, déliance, liance: émergence de trois notions sociologiques, in Sociétés 2003/2 (no 80), pp.99-131. Le solde du texte original suivra. Le titre et le chapeau sont de la rédaction.
(8) Pour suivre (sous réserve de modifications de dernières minutes): des messages consacrés
. à la reliance, à la déliance et à la liance (par Marcel Bolle de Bal),
. à la sociologie existentielle (par Marcel Bolle de Bal),

. au personnalisme (par Vincent Triest, Marcel Bolle de Bal...)....