vendredi 31 décembre 2010

Boules de réflexion et guirlandes relationnelles. Meilleurs voeux, 2011 fois plutôt qu'une...

Une année un peu moins matérielle
et un peu plus humaine.
Une année un peu moins égoïstement critique
et un peu plus lucidement autocritique.
Une année un peu moins individuelle
et un peu plus personnelle.
Une année toute empreinte
de singularité émancipée,
de relation chaleureuse
et d'action fructueuse.
Projet relationnel vous présente ses meilleurs voeux.
2011 fois plutôt qu'une...

Il était une fois deux Américains.
«La période des grands froids approche, constate l'un. Il est plus que temps d'aller couper du bois.»
«C'est vrai, acquiesce l'autre. Mais comment déterminer la quantité nécessaire?»
«J'ai entendu parler d'un Indien, reprend le premier. On dit qu'il est remarquablement doué pour prévoir la rigueur de l'hiver...»
Et nos amis de s'en aller trouver la perle rare.
«Salutations à toi, Grand Sachem. Peux-tu nous renseigner sur les températures qui nous attendent ces prochains mois?»
«Hug! Hiver sera rude.»

Les deux hommes, après s'être confondus en remerciements, décident donc de consacrer un temps relativement important au travail d'abattage.
Mais après quelques jours, l'un d'eux y va d'un nouveau questionnement.
«Hiver rude, d'accord!
Mais encore?
Avons-nous désormais travaillé suffisamment?
Ou alors convient-il de poursuivre?
Et, le cas échéant, pour combien de temps?»
Le duo repart donc interpeller l'Indien.
Qui consent à une réponse un rien moins succincte...
«Hug! Hiver sera très rude.»

C'est donc reparti pour une période de labeur en forêt.
Avant que le besoin de précision ne refasse surface.
Avec troisième «consultation» à la clé.
Et troisième réponse...
«Hug! Hiver sera très, très rude.»

De retour au boulot, le binôme convient qu'il faut en finir.
Ce processus d'allers-retours ne peut plus durer.
Décision est donc prise de formuler une question plus appropriée à l'intéressé...
«Rebonjour à toi, Grand Guerrier. Nous sommes très admiratifs devant ton savoir.
Mais nous voudrions en savoir un peu plus long.
Peux-tu donc, cette fois, nous renseigner sur les critères qui fondent tes remarquables prévisions?»
«Hug, répond le peau rouge. Plus homme blanc couper bois, plus hiver rude...»

Pour 2011, je vous souhaite une année sans manquement... ni fuite en avant sur le plan matériel.
Mais également, tant qu'à faire, une année sans insuffisance ni suffisance sur le plan individuel.
Et aussi, sur le plan personnel, une année... autrement plus riche
(1).
Car marquée d'une singularité... activement et positivement relationnelle! (2)

Christophe Engels

(1) Pour rappel.
(2) N'hésitez pas à me laisser votre avis, NON PAS (pour des raisons techniques) AU BAS DES TEXTES PUBLIES CI-CONTRE, mais bien à l'adresse engels_chr@yahoo.fr (n'oubliez pas la barre de soulignement: engels_chr...).

mardi 28 décembre 2010

Actu. Trois jours pour refaire le monde...

Des conférences, des ateliers, des stands...
Prochainement à Paris,
le «Forum des associations» rassemblera
un large pannel de ces nombreux pionniers
qui entendent contribuer à l'émergence
d'un autre modèle de développement.

Les «mots d’ordre» de notre époque («croissance», «compétitivité», «consommation», «progrès»…) ne parviennent plus à camoufler leurs ambiguïtés, leurs limites et leurs effets pervers.
Des crises de toutes natures secouent nos sociétés.
Et les suites du «Grenelle de l'environnement» laissent de nombreuses associations sur leur faim.
A l’approche de ces grands rendez-vous mondiaux que seront le «Forum Mondial Sciences et Démocratie 2011» et le «Sommet de la Terre 2012», la société civile ne se doit-elle donc pas, plus que jamais, de capitaliser sur son patrimoine d’idées et de pratiques?
De le croiser avec les savoirs scientifiques et techniques?
De prendre conscience de son unité?
De débattre de ses différences?
D'approfondir ses démarches en commun?
Tel sera, en tout cas, le parti-pris du «Forum des associations».
Qui se tiendra du 20 au 22 janvier 2011 à Paris.
Et dont le thème s'avère assez explicite: «Repenser le développement: la société civile s'engage».

En bref...
Quoi?
«Forum des associations»: «Repenser le développement: la société civile s'engage».
Trois journées de réflexion, de débats et d’échanges.
Qui?
Un organisateur: Natures Sciences Sociétés - Dialogues.
Des acteurs associatifs et scientifiques qui œuvrent à co-construire un autre modèle de développement.
Quand?
Les 20, 21 et 22 janvier 2011.
Où?
A la Cité universitaire internationale de Paris.
Combien?
Entrée libre et gratuite
. dans la limite des places disponibles,
. sous condition (impérative) d'inscription préalable (www.nss-dialogues.fr/Forum-des-associations-01-2011)
Mais encore...

vendredi 24 décembre 2010

Réflexion… fêtes !

De Belgique (1),
de France
(2),
du Canada
(3),
des Etats-Unis
et d'ailleurs
(4),
c’est à concurrence de plusieurs milliers
que vous avez lu les «messages»
de ce «Projet relationnel».
Une excellente nouvelle.
D'autant que votre nombre ne cesse d’augmenter.
Pourquoi, dès lors, ne pas saisir la balle au bond?
Pourquoi ne pas contribuer à rendre cette vague
encore plus porteuse?
Pourquoi ne pas mettre le coeur... à l'ouvrage?

A la veille des fêtes de fin d'année qui s'annoncent, j'ai le grand plaisir de remercier celles et ceux qui, parmi vous, ont d’ores et déjà eu la gentillesse d’apporter leur pierre à l’édifice du «Projet relationnel» en en relayant l’existence et l’esprit via des liens, citations, mentions et autres référencements.
Nul doute que leurs initiatives ne resteront pas isolées.
Nul doute que d'autres suivront.
Nul doute, même, que cette période de voeux et de bonnes résolutions les incitera, eux aussi, à participer de la sorte, donc encore plus activement, à la dynamique des courants d'idées émergents...

Dix mois plus tard...

Rappelons-le: il y a dix mois, «Projet relationnel» s'était fixé pour objectif d'observer avec enthousiasme - et en compagnie de quelques remarquables contributeurs - l'actuel foisonnement de ces mouvements de pensée qui paraissent «préparer l'après-crise en cherchant brillamment et positivement à déborder le double carcan de notre "me now society": son individualisme consumériste et son matérialisme acquisitif» (5).
Depuis lors, 90 messages ont déjà été postés en ce sens.
Autant de considérations qui, au-delà de ma modeste participation, ont bénéficié de contributions et sources d'inspiration aussi riches que nombreuses.
Citons, par ordre chronologique et sans la moindre volonté d’exhaustivité :
. Christian Arnsperger (Université Catholique de Louvain),
. Thierry Verhelst (universités diverses),
. Immanuel Wallerstein (Yale University),
. Isabelle Cassiers (Université Catholique de Louvain),
. Géraldine Thiry (Université Catholique de Louvain),
. Philippe Van Parijs (Université Catholique de Louvain, Harvard University...),
. Yannick Vanderborght (Facultés Universitaires Saint-Louis...),
. Tim Jackson (University of Surrey),
. Muhammad Yunus (Prix Nobel de la Paix 2006),
. Sybille Mertens (Université de Liège),
. Corinne Gendron (Université du Québec à Montréal),
. Michel Pébereau (Président du Conseil d’administration de BNP Paribas),
. Benoît Frydman (Université Libre de Bruxelles),
. Bernard Bayot (directeur du Réseau Financement Alternatif),
. Marc Luyckx Ghisi (ancien conseiller des présidents Delors et Santer à la «Cellule de Prospective» de la Commission européenne)…

Une année 2011... autrement plus riche!

Nombre des thématiques annoncées ont déjà été abordées (6).
D'autres doivent encore l’être (7).
Certaines en compagnie de «pointures» (!), dont les revenants Christian Arnsperger et Thierry Verhelst ou les arrivants Marcel Bolle de Bal (émérite Université Libre de Bruxelles) et consorts, qui, parmi d'autres, ont dès à présent accepté d'associer leur nom à la suite de ce passionnant voyage au pays des idées émergentes.
Qu'ils en soient, une fois encore, sincèrement remerciés.
Au même titre que ceux, ci-devant cités notamment, qui les ont devancés à cette tribune.
Tous, en effet, pourraient bien contribuer à fertiliser votre année 2011.
Celle-là-même qu’en tout état de cause, je vous souhaite aussi féconde que chaleureuse...

Christophe Engels
engels_chr@yahoo.fr

(1) Majoritairement.
(2) A peu près aussi abondamment.
(3) En quantité également, avec des pics de fréquentation.
(4) Maroc, Royaume-Uni, Brésil, Pays-Bas, Tunisie, Emirats arabes unis…
(5) Extrait de la rubrique «Je me présente...»
(6) . Transition économique,
. simplicité volontaire,
. créativité culturelle,
. altermondialisme,
. (dé)croissance,
. allocation universelle,
. développement durable,
. business social,
. économie sociale,
. responsabilité sociétale des entreprises,
. responsabilité sociétale des acteurs économiques,
. socio-économie solidaire,
. finances solidaire et alternative...
(7) . Consommation responsable,
. commerce équitable,
. systèmes d’échange locaux (SEL),
. monnaies sociales,
. consommation responsable,
. post-capitalisme,
. post-libéralisme,
. communication non violente,
. université de paix,
. sociologie existentielle,
. reliance
. et personnalisme.

mercredi 22 décembre 2010

Prospective. Demain, c’est aujourd’hui…

Les pouvoirs en place
s’acharnent-ils
à nous convaincre
qu’il n’y a pas d’alternative?
Marc Luyckx Ghisi
n’en a cure.
Inutile de nier l’évidence, assure-t-il.
La société civile a déjà
les yeux tournés
vers un autre monde.
D’où le changement de société
qui s’opère rapidement et inéluctablement sous nos yeux.
Un changement qui touche aux aspects les plus profonds de nos existences.
Et qui dissout l’architecture souterraine de la modernité.
Rencontre avec un prospectiviste décoiffant.
Qui, pour ce réveillon de... l’ère neuve, nous offre l’intégralité de son dernier livre.
Avec ses meilleurs vœux pour les décennies qui s’annoncent...


Marc Luyckx Ghisi (1)

J'y explique qu'en fait nous sommes dans un changement que de nombreux citoyens perçoivent, mais dont personne ne parle.
D'où viennent mes idées que nous échangeons depuis dix ans avec Thierry Verhelst.
De 1990 à 1999, j'ai eu le grand plaisir de faire partie de la fameuse Cellule de Prospective de la Commission européenne, créée par Jacques Delors.
J'ai pu voyager énormément et ai perçu sur les cinq continents la même problématique sous-jacente.
L'humanité est confrontée à un changement de paradigme, de niveau de conscience.
Car comme dit Einstein, elle ne parviendra pas à solutionner ses problèmes globaux avec le même niveau (bas) de conscience qui a engendré ceux-ci.
Nous sommes donc dans un changement qui a quatre niveaux de profondeur.
Le niveau trois est la changement d'outil de production.
Nous passons de l'outil industriel (usine capital et technologie) à l'outil post-industriel et immatériel (cerveau humain en réseaux).
Et donc nous changeons de «Weltanschauung», de vision du monde.
C'est à cause de ce changement d'outil de production que tout à coup les dimensions sociale et environnementale deviennent importantes pour les entreprises.
Parce que ces éléments qui étaient considérés comme des coûts dans la vision industrielle deviennent des «acquis immatériels» qui font monter la valeur des entreprises en bourse!!! (intangible assets).
Il me semble très important de voir et d'expliquer ces changements structurels de l'économie.
Car cela renfonce considérablement les arguments en faveur d'un monde plus social et plus écologique.
Les lecteurs intéressés trouveront mon livre Surgissement d'un nouveau monde: valeurs, visions, économie, politique... tout change en open source.

Très amicalement.

Marc Luyckx Ghisi

(1) Marc Luyckx Ghisi a étudié les mathématiques, la philosophie et la théologie. Il a été conseiller des présidents Delors et Santer à la «Cellule de Prospective» de la Commission européenne (Bruxelles). Il est doyen de la Cotrugli Business Academy à Zagreb (Croatie) et membre du Auroville International Advisory Council (Inde du Sud). http://vision2020.canalblog.com. www.animate-eu.com.
(2) Luyckx Ghisi Marc, Surgissement d'un nouveau monde: valeurs, visions, économie, politique... tout change, Alphée, Paris, 2010.

vendredi 17 décembre 2010

Finance simplicitaire. Irréaliste? Oui, mais...


Les propositions simplicitaires
d'un Christian
Arnsperger (1)?
«Irréalistes»,
assurent bon nombre
d'économistes et de décideurs politiques.
L'intéressé ne s'en offusque pas.
Ils ont... raison, estime-t-il!
Absolument raison!
Oui, mais...

Christian Arnsperger

Tout ce que j’ai dit jusqu’ici (sur la nécessité d'innover en matière normative, politique, individuelle et économique n.d.l.r.) ne sert à rien, ou presque.
Les soi-disant «réalistes» peuvent tout balayer d’un revers de la main en montrant que tous les pionniers de la frugalité, tous les «citoyens-entrepreneurs» ne parviendront, en fin de compte, qu’à créer de petites et éphémères poches d’activité alternative, qui dureront tant que suffisamment de membres gagneront suffisamment d’argent dans l’économie dominante ou pourront tirer suffisamment de bénéfices de certains placements capitalistes.
Ces réalistes pourront même montrer – et ils n’auront pas tort – qu’un Revenu de Transition Economique (RTE) viable mais frugal ne sera jamais suffisant à financer tous les coûts de lancement des initiatives soutenables: achat d’un terrain et construction ou restauration bioclimatique dans le cas d’un écovillage, emprunt de fonds pour constituer le capital de départ d’une petite exploitation bio ou d’une micro-entreprise industrielle ou artisanale, etc.
Ceci explique déjà actuellement pourquoi le paysage des «alternatifs» est aussi maigrement peuplé, et pourquoi tant de «simplicitaires» sans le sou (et ils le sont souvent) ne parviennent tout simplement pas à démarrer ou à pérenniser leurs projets.

Pas si vite, mes gaillards!

D’où viennent ces échecs?
Ne démontrent-ils pas qu’il n’y a point de salut hors des grands circuits du commerce mondial et de la finance globale?
Dans l’état actuel des choses, oui!
Et c’est pour cela, je le crains, qu’il ne sert malheureusement à rien d’être «simplicitaire» trop tôt et de concentrer trop vite toutes ses énergies sur la création d’alternatives pour le succès desquelles les conditions structurelles ne sont pas encore réunies.
Le domaine que les adeptes de la vie simple devraient investir en premier, de toute leur énergie militante, est un domaine qui leur fait horreur par nature mais qui, s’ils n’y vont pas voir de près, ne cessera de les piéger et d’empêcher la vie simple de devenir un projet politique.
Je parle du domaine de la création monétaire et de la mise en circulation de l’argent par le crédit bancaire.

Fantasme et dépendance

L’actuel impératif de croissance a certes partie liée avec les désirs réputés insatiables des consommateurs.
Mais le consommateur n’est, après tout, que le dernier maillon d’une chaîne qui s’ancre avant tout dans la nécessité, pour toutes les entreprises, de faire du bénéfice pour leur actionnaires… et pour leurs banquiers.
Les paiements d’intérêt sur les dettes privées des entreprises forment, selon certaines estimations, entre 15 et 25% des prix de revient.
Il y a donc, à cause de cette logique de la dette, une forte pression inflationniste inscrite dans le système.
Mais comme les ménages sont eux aussi endettés, notamment à cause d’hypothèques de plus en plus exorbitantes sur leurs logements (ou sur celui de leur propriétaire), leur pouvoir d’achat est sans cesse érodé et ils deviennent complètement dépendants de l’emploi que doit leur fournir l’économie non soutenable – et qu’elle leur fournit de moins en moins, car les profits servent d’abord à rembourser les créanciers, pas à créer des postes de travail.
Dans ces conditions, vouloir quitter l’économie dominante pour explorer les alternatives frugales relève, pour la plupart des citoyens, du pur fantasme.

Les jeux sont faits!

L’Etat peut certes essayer de suppléer à ce défaut, en finançant un RTE (en partie par remplacement de certains transferts sociaux existants) et un soutien aux investissements des «transitionnaires».
Mais il devra pour cela lever des impôts ou, à défaut – puisque dans la logique dominante l’impôt «étrangle» l’économie privée – il devra lui aussi s’endetter en euros, donc in fine auprès des banques privées.
S’il ne stimule pas la croissance matérielle et monétaire, en attirant des investisseurs et en boostant la compétitivité des entreprises capitalistes du pays, donc en «jouant» le jeu de l’économie dominante, il ne pourra pas rembourser et son credit rating se dégradera, compromettant à brève échéance sa capacité future à financer le RTE et les investissements dans les infrastructures d’une vie simple.

Donc, et c’est un constat terrible, la logique monétaire de la dette capitaliste qui règne aujourd’hui rend tout projet collectif de transition vers un réseau d’économies frugales impraticable.

Noir, impairs et impasse

Suffirait- il que nous nous désendettions tous une bonne fois?
Pas du tout!
Car s’il n’y a plus de dettes, il n’y aura plus un seul euro en circulation dans l’économie!
L’euro est une monnaie privée émise par les banques commerciales, sous le contrôle d’une banque centrale qui s’assurent qu’elles ont suffisamment de billets pour faire face aux retraits éventuels, et qui veille aussi à ce que l’inflation ne soit pas trop forte pour que les débiteurs (ménages, entreprises, Etat) ne s’en sortent pas trop facilement au détriment de ceux qui, possédant déjà beaucoup, peuvent demander au secteur bancaire de leur verser des intérêts créditeurs (s’ils sont de riches déposants) et/ou des dividendes (s’ils sont actionnaires).
La poursuite incessante du réendettement, et la croissance matérielle et monétaire obligatoire qui l’accompagne, font partie de la logique même de ce système ploutocratique.

Faire sauter la banque...

C’est contre cette logique de l’argent-dette – qui rappelle celle du faux-monnayeur et du joueur de casino – que les aspirants simplicitaires devraient s’élever en premier.
Je veux dire: en priorité, ce qui n’exclut évidemment pas d’avancer par ailleurs dans la réflexion, la prise de conscience, l’action exploratoire à petite échelle, etc.
Si la logique même de la création monétaire n’est pas modifiée, il n’y aura aucune possibilité durable de créer un réseau pluri-économique alternatif où les valeurs d’une croissance intelligente et d’un travail non salarié puissent être vécues à grande échelle, sur fond d’autolimitation globale et de nouvelles relations humaines.

En finir avec l'économie casino...

Des alternatives monétaires existent.
On pourrait envisager un secteur bancaire entièrement non marchand.
Ou alors, les pouvoirs publics pourraient ôter par décret à toutes les banques commerciales le monopole de la création monétaire, et le reprendre à leur compte, sous étroit contrôle démocratique.
La masse monétaire serait calculée pour correspondre de près aux besoins de l’économie réelle, pas des marges de profits des acteurs financiers.
Il y aurait alors des crédits publics pour financer diverses activités – en majeure partie encore capitalistes au départ, puis de plus en plus non capitalistes – et on utiliserait les intérêts versés par les citoyens non plus pour remplir les caisses de banques privées qui n’avaient prêté que ce qu’elles ne possédaient pas, mais pour financer un «dividende social» qui est l’équivalent du RTE.
On pourrait alors aussi réduire la pression fiscale, dans des proportions compatibles avec le besoin initial de verser des subsides aux investissements des transitionnaires.

Co...ntes en banque

Les «transitionnaires» et les «simplicitaires», de même que les décideurs politiques qui désirent réellement les soutenir, devraient devenir très conscients du carcan qu’impose l’argent-dette à nos options d’avenir.
Tel est aujourd’hui l’enjeu le plus central – et le plus savamment dissimulé par ceux (banquiers, financiers, riches investisseurs) que la vie simple dérange – d’une transition progressive, démocratique, maîtrisée vers un nouvel avenir économique soutenable. (2)

Christian Arnsperger

(1) Christian Arnsperger est docteur en sciences économiques, chercheur au Fond national belge de la recherche scientifique (FNRS) et professeur à l'Université Catholique de Louvain (rattaché à la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale). Il a notamment écrit Critique de l'existence capitaliste. Pour une éthique existentielle de l'économie, Cerf, Paris, 2005 et Ethique de l’existence post-capitaliste. Pour un militantisme existentiel, Cerf, Paris, 2009. Il a déjà été à «l'honneur» de trois messages sur ce blog, les 19 février, 1er mars et 2 novembre 2010.
(2) Les propos publiés ici avec l'aimable autorisation de l'auteur ont été inspirés d'une conférence sur les enjeux de la transition économique, prononcée le 20 novembre 2010 lors d'une journée d'étude de l'association Altercité (Bruxelles) qui avait pour thème «Le goût de la vie: une vie plus simple, un projet personnel et collectif pour sortir de la crise». Christian Arnsperger en a tiré un texte, dont on trouve ci-dessus la partie finale et dont nous reviendrons sur le solde dans un message ultérieur, consacré au Revenu de Transition Economique. Les titre, chapeau et intertitres sont de la rédaction. Pour plus d'informations, les plus impatients d'entre vous trouveront dès à présent sur le blog «Transitions» de l'intéressé la version complète du texte en question: «Les cinq «fronts» d’une transition véritable : Normes globales, nouvelles structures politiques, conscientisation individuelle, revenu de transition économique, réforme radicale de la création monétaire».

jeudi 16 décembre 2010

L’ «autre» finance en question…

«Rêvons un peu.
La finance solidaire
pourrait-elle remplacer
le système bancaire classique?» (1)

«. Les banques classiques, sauf exception parmi les banques de l’économie sociale, ont d’abord regardé ces initiatives citoyennes et associatives avec dédain, rappelle l'économiste français Jacques Dughera (2).
. Puis, elles ont compris l’effet d’image qu’elles pouvaient retirer d’un partenariat avec certaines de ces initiatives.
Sous la poussée des luttes contre la pauvreté et de la doctrine libérale qui se garde de vouloir pratiquer un darwinisme financier, les banques classiques, qui pratiquaient en général l’exclusion financière, ont alors conclu des partenariats financiers avec ces mêmes organismes, voire ont créé leurs propres filiales associatives pour faciliter l’inclusion financière.
. Enfin, au contact de ces initiatives citoyennes et au vu de résultats en matière de remboursement de prêts incomparablement supérieurs aux résultats moyens, les responsables des organismes financiers classiques en sont arrivés à la conclusion que les pauvres étaient un marché comme les autres, oubliant au passage l’accompagnement humain de proximité et la recréation de lien social, à l’origine de ces résultats.
Par ailleurs séduits par la communication et les résultats de certains capitaux risqueurs solidaires, d’autres responsables financiers ont estimé que les produits financiers éthiques pouvaient produire des résultats financiers aussi rentables sans se rendre compte qu’ils ne répondraient pas alors aux attentes prioritaires des projets de l’économie solidaire.
L’investissement socialement responsable essentiellement axé sur des entreprises sociales reconnues ne répond pas à l’évidence aux besoins des projets émergents et innovants.
Qui plus est, alimenté par des revenus sur des valeurs cotées dont le rating social est plus ou moins aléatoire et bien fait, l’investissement socialement responsable ne peut pas relever de la finance solidaire.
Les investisseurs de cette catégorie sont des acteurs de la finance mondialisée et globalisée, souvent très éloignés des préoccupations et des besoins des territoires sur lesquels ils investissent.
Ils réclament souvent des retours rapides sur investissement totalement en décalage avec le besoin de capital patient dont ont besoin les acteurs de l’économie solidaire.» (3)

(1) Question récemment posée.
(2) Co-responsable du Master management de l’insertion dans l’économie sociale et solidaire de l’Université de Paris-Est – Marne-la-Vallée, Jacques Dughera enseigne les finances solidaires dans cette université. Après avoir été Président de la fédération des Clubs d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire et secrétaire général du Conseil national de l’insertion par l’activité économique, il est administrateur et engagé à titre d’expert dans plusieurs associations d’insertion. Il a écrit
. Risque social et risque financier, la myopie des marchés financiers, Economie et humanisme 2000 (avec Yannick Vigignol),
. L’argent dans le monde, rapport moral 1998 de l’Association de l’Economie financière,
.
Les acteurs de la finance solidaire, n°104 , décembre 2009.
(3) Dughera Jacques, La finance solidaire : histoire et pertinence, in L'encyclopédie du Développement Durable, Les Editions des Récollets, 2009, http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:mamAFOSilbEJ:http://www.encyclopedie-dd.org/les-acteurs-de-la-finance.

mardi 14 décembre 2010

L’ «autre» finance en question…

«La finance solidaire
ne permet-elle pas à l’Etat
de fuir ses responsabilités?» (1)



La récente intervention «forcée» des pouvoirs publics pour sauver certaines banques de la faillite relève d'une dynamique qui - sauf nouveau coup dur - restera aussi exceptionnelle que transitoire.
Pas question, donc, de nous référer ici à cet épisode de sinistre mémoire pour éluder le fait que, globalement, les pouvoirs publics ont eu tendance à se désinvestir du champ bancaire (2) alors que, de son côté, la finance solidaire montait en puissance: Grameen Bank au Bangladesh (3), Cigales, NEF, Credal, Crédit Union, Faim et développement ou Triodos en Europe (4), Caisse d’économie des travailleurs ou Fonds des travailleurs québécois dans la Belle Province..., sans compter, parallèlement, le succès grandissant du concept d'Investissement Socialement Responsable (et Durable) un peu partout en Occident...
Reste que l’économie solidaire ne se conçoit pas sans «hybridation des ressources» (publiques, marchandes, non monétaires et réciprocitaires).
«Une démarche financière qui se réclamerait des seules ressources privées ne pourrait pas relever de la finance solidaire et participerait à cette instrumentalisation de la citoyenneté économique, initiée par les politiques économiques libérales, explique l'économiste français Jacques Dughera (5). C’est l’une des raisons pour laquelle une large part de la philanthropie américaine ou des fondations, uniquement financées par des apports privés, même si elles soutiennent le projet solidaire ou l’entreprise sociale, ne relève pas de la finance solidaire.» (6)

C.E.

(1) Question récemment posée.
(2) En France par exemple, la Caisse des dépôts et consignations et - provisoirement - la Banque postale font office de dernières banques publiques.
(3) La Grameen Bank a été créée en 1983 par Muhammad Yunus (Prix Nobel de la Paix 2006) : voir nos messages des 30 juin et 1er juillet 2010.
(4) Au cours des années 1980.
(5) Co-responsable du Master management de l’insertion dans l’économie sociale et solidaire de l’Université de Paris-Est – Marne-la-Vallée, Jacques Dughera enseigne les finances solidaires dans cette université. Après avoir été Président de la fédération des Clubs d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire et secrétaire général du Conseil national de l’insertion par l’activité économique, il est administrateur et engagé à titre d’expert dans plusieurs associations d’insertion. Il a écrit
. Risque social et risque financier, la myopie des marchés financiers, Economie et humanisme 2000 (avec Yannick Vigignol),
. L’argent dans le monde, rapport moral 1998 de l’Association de l’Economie financière,
. Les acteurs de la finance solidaire, n°104 , décembre 2009.
(6) Dughera Jacques, La finance solidaire : histoire et pertinence, in L'encyclopédie du Développement Durable, Les Editions des Récollets, 2009, http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:mamAFOSilbEJ:http://www.encyclopedie-dd.org/les-acteurs-de-la-finance.

vendredi 10 décembre 2010

L’ «autre» finance en question…

«Quelle différence entre finances
. éthique,
. socialement responsable,
. solidaire,
. alternative?» (1)


Il n’est pas sûr que les «frontières» entre ces divers termes soient parfaitement étanches. Encore moins que les différences sémantiques dont on convient le plus souvent à leur endroit se traduisent par une utilisation systématique et rigoureuse.
- Reste qu'en général, la finance éthique renvoie davantage à des cibles négatives alors que la finance socialement responsable (et éventuellement durable) fait plutôt écho à des objectifs positifs...
. L’investisseur éthique, plutôt «exclusif», s’interdit donc d’investir, qui dans l’armement, qui dans l’énergie nucléaire, qui dans le tabac, qui dans l’alcool, qui dans le pétrole…
. L’investisseur socialement responsable (et durable) se veut, lui, plus «inclusif»: il cherche à soutenir les meilleures entreprises pour jouer un rôle positif, par exemple sur l’emploi ou sur l’environnement….
- De son côté, la finance solidaire entend, comme son nom l'indique, se mettre au service d'un objectif solidaire.
Solidarité avec des populations défavorisées au travers d’un soutien à l’économie sociale? Solidarité avec un territoire via un investissement dans l’économie locale? Ou alors solidarité entre générations? Peu importe.
- Quant à la finance alternative, elle utilise une monnaie du même type (alternative, donc), parfois appelée aussi «complémentaire» ou «sociale», c’est-à-dire purement conventionnelle, sans cours légal.

C.E.

(1) Question récemment posée.

mardi 7 décembre 2010

Finance responsable. Le coeur et l'argent du coeur

Tout investisseur est au mieux un égoïste borné et au pire un fieffé salaud.
Tel est, en tout cas, le genre de propos entendu au café du commerce.
Et si la réalité était plus subtile...
Et s'il n'était pas nécessairement impossible de concilier coeur et raison...
Et si la Finance responsable était plus qu'un concept à la mode ou un commode alibi...
Investisseur, as-tu du coeur?

L’Investissement Socialement Responsable et Durable (ISRD) s’assigne une vocation éthique et/ou solidaire.
Ethique? Oui, dans la mesure où il s’agit
. soit, au minimum, d’exclure des entreprises aux activités «immorales»,
. soit, mieux encore, de les comparer entre elles pour en arriver à sélectionner celles qui affichent une réelle responsabilité sociétale.
Solidaire? Tout autant, au sens où on choisit de soutenir l’économie sociale.

L'ISRD se met en quatre...

L’ISRD se décline sous quatre formes:
. l’investissement éthique, tout d'abord, qui consiste à placer son argent dans des entreprises ou des Etats qui respectent certaines valeurs sociales, environnementales et/ou économiques,
. l’activisme, ensuite, qui renvoie, dans le chef de l'actionnaire, au fait de profiter des assemblées où il est convié pour inciter les entreprises à un comportement plus éthique,
. le partage solidaire, aussi, qui entend dégager une partie des bénéfices pour les transférer à des activités d’économie sociale,
. enfin, l’investissement direct dans des parts de banques coopératives spécialisées (Triodos, Credal et autres) ou dans des groupes d’épargne de proximité.

Investissement éthique: la voie passive

L’investissement éthique relève d’une approche de gestion responsable dite «passive».
L’investisseur se contente de soumettre ses choix de placement au crible de critères sociaux et/ou environnementaux mis à sa disposition.
Autant de filtres qui peuvent être négatifs ou positifs...
- Dans le premier cas, il s’agit d’exclure (1). D’exclure de son univers d'investissement certaines entreprises...
. soit que celles-ci soient impliquées dans l'un ou l'autre secteur d'activités jugé «nauséabond»: armement, énergie nucléaire, tabac, alcool, pétrole…;
. soit qu’elles soient liées à des pays non démocratiques, irrespectueux des Droits de l'Homme ou en délicatesse avec les conventions de l'Organisation Internationale du Travail;
. soit qu’elles recourent à des pratiques controversées: manipulations génétiques, tests sur les animaux, organismes génétiquement modifiés…
- Dans le second cas (positif), l'idée, pour l'investisseur, n'est plus d'exclure, mais au contaire d'inclure. D'inclure dans son univers d'investissement les entreprises qui affichent des pratiques exemplaires ou, du moins, meilleures que leurs concurrentes.

Activisme: comme son nom l'indique...

L’activisme, lui, relève, comme son nom l'indique, d’une approche «active»: celle de l’actionnaire engagé qui décide de profiter du pouvoir que lui confère son statut pour améliorer le comportement éthique, social et/ou écologique de «son» entreprise.
Droit de vote aux assemblées générales, dialogue avec les dirigeants, pressions, propositions, soumissions au vote…: tous les moyens sont bons pour assouvir sa soif de gestion responsable et de préoccupations sociétales.

Partage solidaire et investissement direct:
l'approche communautaire

Enfin, le partage solidaire et l’investissement direct dans des banques coopératives spécialisées ou dans des groupes d’épargne de proximité relèvent d’une approche qualifiée de «communautaire» (2).
On sélectionne, dans ce contexte, différentes formes de produits financiers qui visent à fournir du capital.
Prêtera-t-on à des entreprises locales?
Avancera-t-on à des particuliers?
Investira-t-on sous la forme d'une participation dans de telles entreprises?
Peu importe ici.
Il s’agira en tout état de cause de mettre ce capital au service d'un objectif solidaire:
. favoriser le développement communautaire,
. appuyer les groupes défavorisés ou à faibles revenus,
. développer l'économie locale ou sociale...
Histoire, donc, de tenter de concilier le coeur et l'argent du coeur... (3)

Christophe Engels

(1) De quel type d’exclusion parle-t-on? Tout dépend…. Ou bien l'exclusion sera globale et l’ensemble du secteur d'activité ou de la zone géographique incriminé sera écarté. Ou bien elle sera nuancée et seules seront bannies les entreprises dont plus d’un pourcentage déterminé du chiffre d'affaires (par exemple 10 %) proviennent d'une activité considérée comme négative (vente d'armes ou autre).
(2) On parle aussi d'approche «solidaire» ou «de partage».
(3) Pour plus de détails, on se référera utilement au site du Réseau Financement Alternatif: http://www.rfa.be/.

jeudi 2 décembre 2010

Finance responsable. Les généreux qui papotent sur les banques publiques...









A ma gauche, la fraîche émoulue Kiwibank.
A ma droite, cette bonne vieille CGER (1).
L'une, lancée par la Poste néo-zélandaise début 2002,
a choisi de ne pas miser sur le marché spéculatif mondial
et a donc été totalement épargnée par la crise actuelle.
L'autre, après avoir été vendue à une banque commerciale,
a dû être sauvée de la faillite par l'État.
De quoi en faire cogiter plus d'un.
Dont le directeur du Réseau Financement Alternatif.
Pour Bernard Bayot (photo ci-dessus), pas de doute:
la question de la création d'une banque publique
doit être reposée de toute urgence...

Bernard Bayot

Le succès populaire impressionnant de la Kiwibank, d'une part, et la lamentable saga de la CGER, d'autre part, donnent à réfléchir sur le rôle de l'État dans le marché financier.
Ne doit-il pas être plus interventionniste et, aujourd'hui, recréer une banque publique sur les cendres de cette privatisation financière qui, c'est le moins que l'on puisse écrire, ne semble pas s'apparenter à un grand succès?
La question est complexe et recouvre divers aspects qui, sans aucun doute, méritent un examen approfondi.
Ceci ne nous dispense pas de la poser et de la débattre de toute urgence, notamment au regard des expériences passées (2).

De Bruxelles, de Londres et de Navarre...

En Belgique, cette question a été relancée en ce début d'année 2010 à l'occasion de la proposition de la Fédération Générale des Travailleurs de Belgique (FGTB) de créer une banque publique qui pourrait irriguer le système économique et conduire à la création d’emplois nouveaux et durables (3).
Quelques semaines plus tard paraissait le livre de Marco Van Hees, «Banques qui pillent..., Banques qui pleurent», qui charge le capitalisme financier et propose également la création d'une banque publique (4).
Cette question a encore rebondi fin mars à l'occasion de la décision du Labour britannique, en précampagne électorale, de créer une «banque du peuple» basée dans les 11.500 bureaux de poste du royaume. L'objectif est d'y proposer un plus grand nombre de produits financiers, d'y encourager l'épargne et de faciliter l'accès au crédit approprié pour les particuliers à bas revenus (5). Cette décision fait suite à la publication des résultats d'une consultation sur les activités financières des bureaux de poste, à l'occasion de laquelle le secrétaire d'État Lord Mandelson a déclaré : «Since the banking crisis, we have set about reinventing the financial services industry piece-by-piece, building a system that is fairer, trusted and more reliable.» («Depuis la crise bancaire, nous nous sommes mis à réinventer l'industrie des services financiers morceau par morceau, construisant un système qui soit équitable, digne de confiance et plus fiable.») (6).

Made in Europe

Encore faut-il vérifier dans quelles conditions les pouvoirs publics peuvent créer une banque publique compte tenu des contraintes juridiques auxquelles ils doivent se soumettre.
C’est en effet à partir de la fin des années 1970 qu’a été amorcée l’intégration ou la libéralisation du marché bancaire.
Les deux premières directives bancaires européennes ont été adoptées respectivement le 12 décembre 1977 et le 15 décembre 1989.
Pour regrouper et codifier ces deux directives et d’autres adoptées depuis lors, une nouvelle directive a été adoptée le 20 mars 2000, qui a été elle-même modifiée de façon substantielle à plusieurs reprises.
Le 14 juin 2006 enfin, à l'occasion de nouvelles modifications de ladite directive, le législateur européen a, dans un souci de clarté, procédé à une refonte de celle-ci.
Ces directives bancaires ont gommé autant que possible les différences entre les banques commerciales et les banques de développement.
Toutes les particularités qu’avaient ces dernières - comme des avantages fiscaux, des garanties publiques..., qui leur permettaient de remplir leurs fonctions de développement local - ont en grande partie disparu.
Alors qu'une série de banques avaient droit à une exemption dans la première directive bancaire – il s’agissait surtout des organismes publics -, la liste nominative de ces banques s’est réduite au fil du temps, l’objectif de la Commission européenne étant de faire disparaître toute distorsion de concurrence entre les différents types de banques.
Cette liste est à présent fermée puisqu’a été supprimée la faculté, qui était encore prévue dans la directive de 2000, que le Conseil, sur proposition de la Commission, modifie cette liste d’exemptions (7).
Il n'est donc pas formellement interdit aux pouvoirs publics de créer ou de maintenir des banques publiques, mais, si celles-ci ne figurent pas dans la liste d'exemption, elles doivent être mises sur un strict pied d'égalité avec les banques privées:
. les relations financières entre le propriétaire public et l'établissement public de crédit ne diffèrent pas d'une relation commerciale normale de propriété régie par les principes de l'économie de marché, à l'instar de la relation existant entre un actionnaire privé et une société anonyme;
. toute obligation du propriétaire public d'accorder un soutien économique à l'établissement public de crédit et tout mécanisme automatique de soutien économique du propriétaire à l'établissement public de crédit est exclu; il ne peut y avoir responsabilité illimitée du propriétaire pour les engagements de l'établissement public de crédit; il ne peut y avoir ni déclaration d'intention ni garantie concernant l'existence de l'établissement public de crédit;
. les établissements publics de crédit sont soumis aux mêmes règles d'insolvabilité que les établissements privés, leurs créanciers étant ainsi placés dans la même situation que les créanciers des établissements privés;
. ces principes sont sans préjudice de la possibilité pour le propriétaire d'accorder un soutien économique dans le respect des règles du traité CE concernant les aides d'État.

Question de principes

Les principes qui précèdent ont été dégagés dans le cadre d'un accord conclu entre l'Allemagne et la Commission sur les garanties d'État en faveur des Landesbanken et des banques d'épargne. Les Landesbanken sont des établissements publics de crédit régionaux, comparables aux caisses d'épargne françaises.
Elles bénéficiaient d'apports financiers et d'une garantie illimitée de la part des Länder allemands, qui leur permettaient de se refinancer sur le marché à des conditions avantageuses.
Les banques privées allemandes, se considérant victimes d'une distorsion de concurrence, ont déposé plainte auprès de la Commission européenne.
Au mois de juillet 1999, celle-ci a engagé des procédures d'enquête contre six Landesbanken et demandé à celle contrôlée par la Rhénanie du Nord-Westphalie de rembourser à sa région de tutelle 808 milliards d'euros, au titre d'un apport d'actifs considéré comme une aide d'État.
Refusant d'obtempérer, le Land concerné et le gouvernement fédéral allemand ont porté l'affaire devant la Cour de justice, au mois de mai 2000.
La Fédération bancaire européenne (FBE) s'est à son tour jetée dans la bataille et a porté plainte auprès de la Commission, au mois de juillet 2000, contre le régime des garanties accordées aux Landesbanken, s'attirant en retour les foudres des Caisses d'épargne européennes.
Au final, l'accord précité a pu être dégagé (8).

Quand et à quelles conditions?

Aucun avantage particulier ne peut donc être offert à une banque publique, auquel une banque privée n'aurait pas accès.
Mais tant l'un que l'autre peuvent bénéficier d'un soutien économique dans le respect des règles du traité CE concernant les aides d'État.
La question se pose dès lors de savoir quand et à quelles conditions il est indiqué, voire nécessaire, de créer une banque publique.
Pour y répondre, deux ordres de considérations nous paraissent devoir être distingués.
D'abord, il faut déterminer quelles sont les missions d'intérêt économique général qui doivent être assumées par le secteur financier dans son ensemble ou par certains opérateurs en particulier. On pense notamment à l'irrigation du système économique, pour reprendre les termes de la FGTB, ou à la nécessité d'éradiquer l'exclusion financière (9). Et il convient de vérifier si ces services sont correctement assumés et, à défaut, de créer les incitants qui permettent qu'ils le soient (10).
Ensuite, si aucune institution existante n'a la volonté ou la capacité d'assumer ces missions, il conviendra effectivement de combler cette lacune en créant un organisme public adéquat.

Les missions avant tout...

Si la banque publique peut donc certainement constituer un outil précieux de politique publique en matière financière, sa mise en place nous paraît devoir être précédée d'une définition claire des missions d'intérêt économique général qui doivent être assumées par le secteur financier.
Sans doute une telle définition aurait-elle d'ailleurs permis d'éviter les crises à répétition dont la planète finance nous a gratifiés ces dernières années.
Des incitants, comme une compensation financière entre opérateurs, peuvent alors être prévus pour éviter toute distorsion de concurrence au détriment de ceux qui assument de telles missions.
Si aucun opérateur privé n'assume celles-ci, les pouvoirs publics devront pallier cette carence en créant une institution publique qui pourra, du reste, obtenir auprès de ses concurrents privés une juste compensation pour assumer ses missions d'intérêt économique général. (11)

Bernard Bayot

(1) Banque belge absorbée en 1993 par Fortis.
(2) «L'interventionnisme public dans la finance», dans FINANcité Cahier, nº 15, Réseau Financement Alternatif, octobre 2009, page 91.
(3) Demonty Bernard, «La FGTB exige une relance», in Le Soir, 7 janvier 2010 ; Simons Henri, «Quel avenir pour la Banque de la Poste?», in Le Soir, 12 janvier 2010; Vandemeulebroucke Martine et Berns Dominique, «Qui veut d’une banque publique?», in Le Soir, 14 janvier 2010.
(4) Éditions Aden, février 2010.
(5) Treanor Jill, “Post Office told to cut Bank of Ireland ties as it expands banking services”, in The Guardian, 29 mars 2010.
(6) Department for Business, Innovation and Skills, Post Office Banking Government Response to Consultation, mars 2010.
(7) Bayot Bernard, «L'Europe réglemente l'activité des banques», dans FINANcité Cahier, nº 3, Réseau Financement Alternatif, octobre 2006, page 2.
(8) «L'Allemagne accepte la mise en oeuvre de l'accord conclu avec la Commission sur les garanties d'État en faveur des Landesbanken et des banques d'épargne», IP/02/343 , 28 février 2002 ; Henel Hubert, Rapport d'information fait au nom de la délégation pour l'Union européenne sur les services d’intérêt général en Europe, Annexe au procès-verbal de la séance du 16 novembre 2000 , Sénat de France, session ordinaire de 2000-2001, nº 82 .
(9) On parle d'exclusion financière «lorsqu'une personne qui s'adresse aux principaux opérateurs présents sur le marché rencontre des difficultés à utiliser ou à accéder à des produits ou services financiers appropriés qui lui permettent de vivre une vie sociale normale dans la société à laquelle elle appartient» (Commission européenne, Offre de services financiers et prévention de l’exclusion financière, VC/2006/0183) .
(10) Bayot Bernard, La banque de base, Réseau Financement Alternatif, avril 2009, www.financite.be/s-in-former/bibliotheque,fr,11,3,2,1,2004.html.
(11) Les titre, chapeau et intertitres de ce message sont de la rédaction. Le texte de base est également disponible sur le site Financité: http://www.financite.be/. Avec nos remerciements à Laurence Roland.

vendredi 26 novembre 2010

Finance solidaire. Sus à l'argent cochon!



Sus à l'argent cochon!
Tel est le mot d'ordre des investisseurs
socialement responsables.
Qui après avoir
boycotté,
se sont mis à choisir.
A opter, donc, pour les entreprises qui démontrent le mieux leur sens des responsabilités sociétales.
Il était une fois la finance solidaire...

XIXe siècle.
États-Unis.
Les quakers américains refusent d’investir dans les deux marchés les plus rentables de l’époque: l’armement et le commerce d’esclaves.
Sans le savoir, ils jouent un rôle précurseur.
Pour la première fois, des critères autres que financiers sont intégrés dans des décisions d’investissement...

Investissement éthique: premier de cordée

L'exemple des quakers est bientôt suivi par les congrégations religieuses.
Qui refusent d’investir dans les actions «du péché» (sin stocks).
Et qui excluent donc d’emblée de leur politique d’investissement les entreprises actives dans les domaines que leur morale réprouve: l’armement toujours, mais aussi l’alcool, le tabac, le jeu, et la pornographie.
De quoi donner des idées à d'autres.
A beaucoup d'autres.
Au point que ce type de réprobation engagée se trouve bientôt un nom: «investissement éthique».
Et qu'il élargit progressivement ses champs d’exclusion.
A d’autres secteurs d’activité.
A d’autres zones géographiques.
A d’autres investisseurs.
Le mouvement, il est vrai, en vient à être porté par des groupes de pression multiples et variés.
La guerre du Vietnam alimente le refus de financer l’industrie de l’armement.
Le régime sud-africain de discrimination raciale débouche, au nom du combat contre le racisme, sur un boycott des investissements dans ce pays.
Et des événements comme le drame nucléaire de Tchernobyl ou le catastrophe écologique de l’Exxon Valdez attisent le feu de la lutte pour la protection de l’environnement.

Investissement socialement responsable: dans la foulée

A l'initiative de l’activiste américain Leon Sullivan, le concept d’investissement éthique entre dans une nouvelle logique au cours des années 1980.
Il s’agit de moins en moins, désormais, d’exclure des entreprises en fonction de leurs activités.
On commence à s’intéresser davantage à leur mode de fonctionnement et à leurs engagements vis-à-vis de la société.
A les comparer entre elles.
A sélectionner celles qui affichent une réelle responsabilité sociétale.
L’heure de l’«investissement socialement responsable» (ISR) a sonné.
Le Rapport Brundtland (1), qui fait figure de référence pour la définition du développement durable, et le Sommet de la Terre de Rio (2) participent sensiblement au renforcement de l’évolution d’un concept qui, de négatif, se fait positif.
Exit, de plus en plus, cet instrument de boycott qui obéissait à une logique d’opposition!
Place à un outil affirmatif et constructif!
Un outil dont les scandales financiers du début du XXIe siècle renforceront le caractère d’urgence.
Un outil dont, dès l'abord, on attend qu'il contribue à régler le mode de fonctionnement de notre société en fonction des impératifs du développement durable.
Un outil, d'ailleurs, qui se voit de plus en plus affublé du qualificatif en question («durable»).

Investissement socialement responsable et durable:
suite et pas fin...

L’ère de l’«investissement socialement responsable et durable» (ISRD) s’ouvre donc.
En attendant une relève qui ne saurait tarder.
Car déjà les termes «green and ethical investment», «green funds» ou «fonds thématiques ISR» font leur apparition.
La finance solidaire n’en finit pas d’évoluer.
La preuve, peut-être, de sa vivacité… (3)

C.E.

(1) 1987.
(2) 1992.
(3) Ce message est largement inspiré du dossier «L'investissement socialement responsable» du Réseau Financement Alternatif (http://www.rfa.be/). Avec l'aimable autorisation de Laurence Roland.

lundi 22 novembre 2010

Socio-économie solidaire. Sans fioritures...

Alors que la Responsabilité Sociétale
des Acteurs Economiques se contente,
comme son nom l'indique,
de revendiquer
un comportement plus sociétal
de la part des entreprises
et des acteurs économiques en place (1),
la «socio-économie solidaire»
veut aller sensiblement plus loin:
elle cherche à promouvoir
un paradigme nouveau (2).

Limites et impasses d'un développement économique non soutenable sont de plus en plus fréquemment dénoncées.
Mais existe-t-il des solutions de rechange?
Oui, assurent avec force les adeptes de la «socio-économie solidaire» (SEC).
Qui, dès aujourd'hui, y vont d'un certain nombre de propositions alternatives...

Autrement...

Ces propositions passent toutes par un incontournable mot d'ordre: «autrement».
Il s'agit en effet
. d'entreprendre autrement, avec l'économie sociale et solidaire ou l'entrepreneuriat social (3),
. de faire du commerce autrement, grâce au commerce équitable ou aux systèmes d’échange locaux (SEL),
. de payer autrement, à l'aide des monnaies sociales,
. de financer autrement, via la finance solidaire,
. de consommer autrement, au travers d'une consommation responsable, éthique ou durable.

Concrètement...

Les organisations de commerce équitable, les institutions de finance solidaire et toute autre expérience de SEC sont présentées comme des instruments économiques concrets qui permettent à des millions de personnes d’améliorer leurs conditions de vie et de devenir les acteurs de leur propre développement.

Radicalement...

La SEC sert ainsi de moyen d’action au grand oeuvre de la cohésion sociale.
Elle articule en effet aux innovations socio-économiques de la société civile les luttes pour la reconnaissance des droits socio-économiques ainsi que l’accès des plus démunis à l’emploi, au crédit, à la consommation et au logement.
Mais elle entend ne pas s'arrêter en si bon chemin.
Car elle vise aussi à promouvoir un nouveau paradigme économique reposant sur la démocratie économique et la justice sociale.

Ambitieusement...

Face à la globalisation de l’économie et à l’aggravation des inégalités sociales au Nord comme au Sud, tout l’enjeu de la SEC serait donc bel et bien de dépasser le stade de la réussite d’initiatives locales pour s’affirmer politiquement et économiquement comme un promoteur
. de comportements économiques et de régulations internationales plus équitables et solidaires,
. de nouvelles solidarités Nord-Sud.
Autant d'objectifs plus ambitieux, donc, que ceux de la Responsabilité Sociétale des Acteurs Economiques. (4)
C.E.

(1) Voir le message «Responsabilité Sociétale des Acteurs Economiques. Entreprises & co».
(2) En illustration: le logo du Pôle de socio-économie solidaire (PSES).
(3) Voir nos précédents messages sur l'économie sociale.
(4) Pour plus de détails, voir le site du Pôle de socio-économie solidaire (PSES), www.socioeco.org/fr, aujourd'hui transformé en Alliance pour une Economie Responsable, Plurielle et solidaire (ALOE), www.aloe.socioeco.org.

jeudi 18 novembre 2010

Actu. Quand l'économie perd le Nord... Spiritualités et cultures à la rescousse!

Exemples concrets et anecdotes savoureuses à la clé,
Thierry Verhelst s'apprête à (ré)expliquer à Bruxelles
dans quelle mesure nous gagnerions
à nous inspirer des cultures traditionnelles,
plus empreintes de relations humaines
et de rapports à la nature.

L’économie envahit nos sociétés occidentales.
Cette logique du profit et de la puissance a ses avantages.
Mais l’individualisme compétitif et le rationalisme instrumental qui la sous-tendent débouchent aussi sur la perte de sens, sur la solitude et sur l’angoisse existentielle.
Et si cette marchandisation généralisée n’était pas inéluctable…
Et si le Sud avait autant à nous apprendre sur le plan humain qu’à recevoir au niveau économique…
Et si la richesse relationnelle importait encore davantage que la richesse matérielle…
Autant d'hypothèses proposées par un Thierry Verhelst fidèle à lui-même: percutant, tout en nuance et sans naïveté.

C.E.

En bref...
Quoi?
Une conférence: «Des Racines pour l'avenir. Cultures et spiritualités dans un monde en feu».
Qui?
Un intervenant: Thierry Verhelst, docteur en droit et anthropologue, ancien responsable d'ONG, professeur aux Etats-Unis, en Afrique et en Belgique (Université Catholique de Louvain et Université Libre de Bruxelles), prêtre orthodoxe, auteur de divers ouvrages sur le développement et les relations interculturelles (1).
Un organisateur: La Ligue des Optimistes du Royaume de Belgique.
Quand?
Le mardi 23 novembre 2010, à 20h00.
Où?
Avenue Alfred Solvay, 1
1170 Bruxelles.
Combien?
12,50 euros.
(5 euros pour les membres de la Ligue, à verser au compte 310-1755400-77 de la Ligue des Optimistes avec la mention "Prénom+nom+23.11 Verhelst+ adresse mail ou à défaut n° de téléphone".)

(1) Dont le remarquable Des Racines pour l'avenir. Cultures et spiritualités dans un monde en feu, L'Harmattan, Paris, 2008.

lundi 15 novembre 2010

Responsabilité Sociétale des Acteurs économiques Entreprises & co

En marge de la RSE (1),
un nouveau concept
est apparu depuis quelques années:
la Responsabilité Sociétale
des Acteurs Economiques.
Il s’agit d’une notion
dont le champ d’activité
déborde celui
de la Responsabilité Sociétale
des Entreprises.
Qui, lui même, élargissait déjà
celui de la Responsabilité
Sociale des Entreprises.
Petit rappel à l'usage des cancres du fond de la classe...

Evidemment, vous connaissez la différence entre
. Responsabilité Sociale des Entreprises,
. Responsabilité Sociétale des Entreprises
. et Responsabilité Sociétale des Acteurs Economiques...
Comment ça, "Plus ou moins..."?
Comment ça, "Euuuh..."?
Comment ça, "C'est à dire que..."?
On vous l'a dit et répétééééé...
La Responsabilité Sociale des Entreprises renvoie à l’intégration volontaire de préoccupations sociales aux activités commerciales des entreprises et à leurs relations avec les parties prenantes.
Un aspect social auquel la Responsabilité Sociétale des Entreprises est d'abord venue superposer une dimension environnementale (2).
Avant que n'apparaisse la Responsabilité Sociétale des Acteurs Economiques (RSAE)...

Même objectif...

La RSAE ouvre encore l’angle de vision.
Mais elle ne le fait plus en terme d’objectifs: il est toujours question, ici, de développement durable, à nouveau appréhendé, qui plus est, sous ses aspects sociaux et environnementaux.
C’est donc sur un autre aspect que porte, dorénavant, l’élargissement.
A savoir le nombre de ceux qui portent ces initiatives.
Car cette fois, tous les acteurs économiques se retrouvent concernés.
Au-delà, donc, des seules entreprises.

... pour un nouveau casting

Ainsi, le but reste le même: il s’agit toujours de faire évoluer les schémas de production et de consommation vers un mode plus soutenable.
Mais les entreprises ne sont plus seules à la barre.
D’autres acteurs sont désormais impliqués,
. qu’ils soient économiques (au sens strict)
. ou assimilés (dans la mesure où ils ont un impact sur les acteurs économiques).
Actionnaires, organisations de consommateurs, Organisation Non Gouvernementales (ONG), syndicats, collectivités locales, pouvoirs publics..., même combat?
Oui.
Car dans la perspective de la RSAE, tous ces acteurs apparaissent également susceptibles d’initier des actions visant à favoriser une démarche RSE auprès des entreprises.
«Sensibilisés aux enjeux sociaux ou environnementaux et conscients de l’importance grandissante de l’impact à ces niveaux en provenance des entreprises, ces acteurs, habituellement appelés "parties prenantes", entament des démarches de manière à favoriser des comportements plus éthiques de la part des entreprises, écrit le Belge Vincent Commenne (3).
Ces démarches peuvent être faites de manière coopérative avec les sociétés, ou non coopérative.
Dans le premier cas, elles instaurent – ou acceptent d’instaurer – un partenariat avec l’entreprise pour une action précise qui vise à améliorer des conditions sociales et/ou environnementales.
Dans le second cas, les parties prenantes cherchent à exercer une pression sur les sociétés, la plupart du temps via les consommateurs ou les actionnaires.»
C'est bien compris à présent, petits canailloux...

(A suivre)

Christophe Engels

(1) Responsabilités Sociale et/ou Sociétale des Entreprises.
(2) «Pour rappel, ce terme désigne les démarches volontaires dans lesquelles des entreprises s'engagent afin de respecter, au-delà de leur objectif de rentabilité économique, des exigences sociales et environnementales, et d’améliorer les relations avec toutes les parties prenantes concernés par leurs activités (clients, fournisseurs, travailleurs, pouvoirs publics, voisinage, etc.).» (Mertens Sybille, Définir l'économie sociale, Les cahiers de la Chaire Cera, volume 2, ULg, 2007, pp.45-46.)(déjà cité dans le message Economie sociale. Du social au sociétal...)
(3) Commenne Vincent, Responsabilité sociale et environnementale: l’engagement des acteurs économiques, éditions Charles Léopold Mayer, Paris, 2006, p.53.

jeudi 11 novembre 2010

Actu. Le singulier du pluriel...

Oui, un humanisme de la diversité est possible.
C'est ce qu'expliquera très prochainement
le brillant philosophe français Alain Renaut
à la tribune de l'Université Libre de Bruxelles.

De nos jours, la diversité s'est faite valeur.
Plusieurs dynamiques, à commencer par celle de l'individualisme, nous incitent en effet à nous affirmer tels que nous sommes.
Donc à nous ressentir plus que jamais comme insubstituables les uns aux autres.
Si bien que, paradoxalement, c'est désormais dans notre diversité même que nous nous apparaissons comme des semblables.
Plus besoin, pour atteindre un tel résultat, de faire abstraction de ce qui nous différencie.

La cohésion par l'ouverture

Non, donc, au communautarisme!
Non, aussi, au républicanisme!
Place à un humanisme de la diversité fondé sur la double relation:
. d'une ouverture à l'altérité,
. d'une combinatoire, voire d'un métissage interculturel.
Telle sera la substantifique moelle du message délivré ce lundi 15 novembre, à Bruxelles, par cette «pointure» de la philosophie contemporaine qu'est Alain Renaut. (1)

C.E.

En bref
Qui?
Alain Renaut.
(Né en 1948, cet agrégé de philosophie
. est professeur de philosophie morale et politique à l’université de Paris-IV Sorbonne et à l'Institut d'études politiques de Paris,
. anime l’équipe «Rationalités contemporaines»,
. dirige l’Observatoire européen des politiques universitaires,
. a écrit «La Pensée 68, un essai sur l'antihumanisme contemporain» (avec Luc Ferry) (2) et de nombreux autres ouvrages explorant, notamment, le libéralisme et l’individualisme contemporain (3)).
Quoi?
Une conférence: «Un humanisme de la diversité est-il possible?»
(Dans le cadre des conférences Cultures d'Europe)
Quand?
Le lundi 15 novembre 2010, à 20h.
Où?
A l'Université Libre de Bruxelles
Avenue F.D. Roosevelt, 48
1050 Bruxelles
(Auditoire Paul-Emile Janson,
Campus du Solbosch)
Mais encore...
0(032)2/650.23.03

(1) Pour plus de précisions, on lira avec intérêt l'interview accordée par Alain Renaut au journaliste William Bourton, du quotidien Le Soir (Alain Renaut: «La cohésion passe par l'ouverture», in édition des 10 et 11 novembre, p.18)
(2) Gallimard, Paris, 1985.
(3) A noter, parmi bien d'autres:
. Humanisme de la diversité, Flammarion , Paris, 2009,
. La philosophie, Odile Jacob, Paris, 2006 (avec Jean-Cassien Billier, Patrick, Savida, Ludivine Thiaw-Po-Une),
. La fin de l'autorité, Flammarion , Paris, 2004,
. Sartre, le dernier philosophe, Grasset, Paris, 2004,
. L'ère de l'individu, Flammarion, Paris, 1989,
. Heidegger et les modernes, Grasset, Paris, 1988.

lundi 8 novembre 2010

Actu. Europe et hyper-croissance: no future?

Faut-il considérer l'Europe comme un continent perdu?
Telle est la question qui taraude Philippe Maystadt.
Le Président de la Banque Européenne d’Investissement
s'en ouvrira ce 22 novembre, à Bruxelles.

La crise financière qui affecte depuis plusieurs mois la zone euro n'est-elle pas révélatrice d’une crise de gouvernance au niveau du Vieux Continent?
Et une telle crise ne pose-t-elle pas, à terme, la question de la croissance de l'Europe?
Ces interrogations seront prochainement rencontrées à la tribune bruxelloise des Grandes Conférences Catholiques par le Président de la B.E.I., qui partagera ses réflexions sur l’état de l’économie européenne et sur ses perspectives d’avenir.
Nul doute que Philippe Maystadt, dont les compétences financières sont largement reconnues à l'échelon international, saura convaincre sur ce terrain.
Reste à vérifier s'il apportera également des réponses aux nombreuses inquiétudes portées à bout de bras par les mouvements de pensées émergents...

En bref
Quoi?
Une conférence: «Europe: le continent perdu?».
Qui?
Un intervenant: Philippe Maystadt, Président de la Banque Européenne d’Investissement.
Un organisateur: les Grandes Conférences Catholiques.
Quand?
Lundi 22 novembre 2010, à 20h30 précises.
Où?
Square Brussels (ancien Palais des Congrès).
(Entrée piétonne: rue Mont des Arts, 1000 Bruxelles.)
(Parking Albertine: rue des Sols, 1000 Bruxelles.)
Combien?
25 euros (fauteuil), 20 euros (balcon), 9 euros (étudiant).
Mais encore...
Réservations:
http://www.grandesconferences.be/ ou par téléphone au 0(032)2/543 70 99.