dimanche 15 janvier 2012

A.C.P. Expériance exigée.

Si la relation
d'aide authentique
atteint
le plus souvent
son but,
c'est parce qu'elle permet
d'accéder à l'«expé-
riance».
Explication
du psychologe américain
Carl Rogers (1)...

Parce qu'elle trouve quelqu’un qui écoute et accepte ses sentiments, la personne qui bénéficie d'une relation d'aide authentique deviendrait peu à peu capable de s’écouter elle-même.
Elle accéderait à la possibilité de prêter l’oreille à des sentiments qu’auparavant, elle avait toujours niés et refoulés.
Elle en viendrait à mieux s’accepter.
Et elle en arriverait à évoluer elle-même vers une plus grande congruence.
Un processus qui impliquerait un changement dans sa manière d’éprouver ce que Rogers appelle «experiencing» et que nous oserons traduire librement ici par «expériance».
Soit l'expérience immédiate.
C'est à dire le fait, pour une personne, d’éprouver les données immédiatement vécues de sa propre expérience, sans que ne s'interpose aucun cadre médiat, qu'il soit temporel, intellectuel, normatif ou autre.
Conséquence: un assouplissement dans la capacité d’appréhension de ses cartes cognitives...
«Au début, le client est éloigné de son expérience immédiate, explique Rogers.
Prenons, par exemple, quelqu’un qui a tendance à intellectualiser et qui parle de lui-même et de ses sentiments dans l’abstraction, en vous laissant perplexe sur ce qui se passe réellement à l’intérieur de lui.
Partant de là, il accède à un état de rapport immédiat au vécu, où il vit ouvertement dans ce qu’il éprouve et sait qu’il peut se tourner vers cela pour en découvrir les significations réelles.
» (2)
Du coup, la fixité céderait la place à la fluidité.
Le détachement des sentiments et de l’expériance à leur prise en compte.
Leur refus à leur acceptation.
La rigidité du moi à la découverte d’un «soi» (3) changeant dans une expérience changeante.
La conception rigide de soi à l'aptitude au changement.
L’éloignement des hommes à la réalité et à la proximité de la relation.
L’impersonnalité du fonctionnement à une intégration de l'expériance donnant lieu à des tentatives de (re)construction.
La personne modifierait et réorganiserait donc la conception qu’elle a d'elle-même.
Au point d'opter une attitude beaucoup plus positive envers elle.

Christophe Engels (d'après Carl Rogers) (4)(5)

(1) Docteur en psychologie, professeur à l'université de Chicago et fondateur (en 1964) d'un Institut des Sciences du Comportement, Carl Rogers (1902-1987) a créé l'Approche Centrée sur la Personne. Il laisse une oeuvre et une pensée qui continuent à exercer une influence profonde sur tout le courant de la psychologie humaniste.
(2) Rogers Carl, Le développement de la personne, Dunod, Paris, 1968, in traduction française de Rogers Carl, On becoming a Person, Houghton Mifflin, Company, Boston, USA, 1961, p.47.
(3) Rogers parle de "moi", mais nous préférons utiliser le mot "soi" qui permet, comme l'explique si bien le philosophe français Paul Ricoeur, d'insister sur le caractère réflexif de la personne (voir, pour plus de précision, l'Appel à projet relationnel, qui ouvre ce blog).
(4) Rogers Carl, Le développement de la personne, Dunod, Paris, 1968, in traduction française de Rogers Carl, On becoming a Person, Houghton Mifflin, Company, Boston, USA, 1961, pp.46-48.
(5) Pour suivre (sous réserve de modifications de dernières minutes): des messages consacrés
. à l’Approche Centrée sur la Personne (par ou d'après Carl Rogers, Max Pagès, Jean-Marc Priels, André Peretti...),
. à l'empathie (avec l’aide précieuse de Jean-Marc Priels),
. à plusieurs aspects de la Communication Non Violente et à l'Université de Paix (d'après Marshall Rosenberg, avec l’aide précieuse de Jean-Marc Priels),
. à la reliance et à la sociologie existentielle (par et d'après Marcel Bolle de Bal),
. au personnalisme (par Vincent Triest,...)....

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