lundi 13 février 2012

Empathie. Triptyque neuroscientifique.

Vu sous l'angle
neuroscientifique,
l’empathie se ramène
à trois caractéristiques:
affective,
cognitive
et régulatoire.
Un triptyque
dont chacune
des trois
composantes
est présentée comme absolument indispensable...

Vingt-cinq siècles après le philosophe chinois Tchouang-Tseu (1), l'analyse dont il se fendait à propos de l'empathie n’a rien perdu de sa pertinence.
Elle reste même d’une interpellante actualité.
Au point de servir de point d’appui à un psychologue comme Marshall Rosenberg, «grand prêtre» américain de la Communication Non Violente(2)
D’autres approches n’en existent pas moins.
Ainsi, le point de vue neuroscientifique préfère ramener l’empathie à trois caractéristiques (3).
. D’une part, elle est présentée comme une réponse affective à autrui, comme un partage de son état émotionnel.
Cette première composante est celle qui me fait éprouver ce que ressent l’autre ou, à tout le moins, ce que je peux raisonnablement estimer qu’il ressent dans une situation donnée.
. D’autre part, l’empathie apparaît comme une capacité cognitive d’adopter le point de vue de l’autre.
Elle permet de découvrir des «schémas cognitifs», c’est-à-dire les croyances et les convictions intimes que chacun entretient sur lui-même et sur le monde.
. Enfin, l’empathie opère sans confusion entre moi et autrui.
Sous cet angle, l’empathie repose donc sur l’interaction de trois éléments constitutifs:
. un partage affectif (c’est ce qu’on appelle l’«empathie affective»),
. une flexibilité mentale qui, au-delà du seul ressenti de l’autre, me permet, plus largement, d’adopter son point de vue (on parle souvent d'«empathie cognitive»),
. des mécanismes assurant une régulation de mes émotions.
Insistons bien: aucune de ces composantes, prise isolément, ne suffit à rendre compte de l’expérience empathique globale.
Qui ne pourrait donc se construire qu’à la condition qu’aucun des trois matériaux ne manque à l’appel. (4)(5)(6)

(A suivre)
Christophe Engels

(1) Tchouang-Tseu est un penseur chinois du IVe siècle avant Jésus-Christ, à qui l'on attribue la paternité d'un texte essentiel du taoïsme, appelé «Zhuangzi» et surnommé «Classique véritable du Sud de la Chine». Pour plus d'informations, voir le message précédent de ce blog.
(2) http://www.cnvbelgique.be/. http://www.cnvbelgique.be/.
(3) Voir par exemple Decety Jean, La douleur, source d’empathie, Cerveau et Psycho n°16, juillet-août 2006, p. 64.
(4) Ce message est extrait de Engels Christophe, Empathie. De l’autre côté de ton regard..., in L'Observatoire de l'action sociale, n°70, Liège, octobre, 2011, pp.67-70. Avec l'aimable autorisation de la directrice, Colette Leclercq, que nous remercions.
(5) On notera, pour information, que l'auteur de ce message a également signé un texte sur l'empathie pour le Service International de Recherche, d'Education et d'Action Sociale (Analyses et Etudes 2011/5, Bruxelles, 2011).
(6) Pour suivre (sous réserve de modifications de dernières minutes): des messages consacrés
. à l'empathie (avec l’aide précieuse de Jean-Marc Priels),
. à plusieurs aspects de la Communication Non Violente et à l'Université de Paix (d'après Marshall Rosenberg, avec l’aide précieuse de Jean-Marc Priels),
. à la reliance et à la sociologie existentielle (par et d'après Marcel Bolle de Bal),
. au personnalisme (par Vincent Triest,...)....

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