Simple opportunisme?
A voir au cas par cas?
A voir au cas par cas?
Seule certitude en première approche: les entreprises ne doivent pas toutes être rangées dans le même sac...
«L’entreprise moderne était anonyme et disciplinaire, technocratique et mécaniste. L’entreprise post-moderne se veut porteuse de sens et de valeur.» (1)
Telle est l'analyse du sociologue français Gilles Lipovetsky.
Qui n’a probablement pas tort.
Mais ne serait-on pas fondé à préciser ce point de vue?
Et pourquoi, dans ce cas, ne considérerions-nous pas, en première approximation (2), qu’il existerait aujourd’hui trois types d’entreprise?
. «L’entreprise cash-cash» (l'ombre de la photo ci-dessus) d’une part.
. «L’entreprise cash» (l'as de pique de la photo) d’autre part.
. «L’entreprise filigrane» (l'as de coeur de la photo) enfin…
L’entreprise cash-cash
«L’entreprise cash-cash», ce serait celle, pure et dure, qui n’est sensibilisée par rien d’autre que les résultats chiffrés.
Celle au sein de laquelle le profit est considéré comme une finalité exclusive.
Pour elle, la fin justifie tous les moyens.
Aux noms du Pèze et du Bénéfice et du Saint Grisbi...
L’entreprise cash
«L’entreprise cash», ce serait celle qui compose avec les limites des lois: lois du marché bien sûr, mais aussi lois de l'Etat.
Restrictions consenties par vertu?
Pas le moins du monde.
Par prudence plutôt.
Si programme «citoyen» elle affiche, celui-ci n’est que cosmétique.
Ce que ses responsables nient au grand jour, bien entendu.
Il n’empêche : de facto, l’éthique les laissent de marbre.
Tout juste espèrent-ils que le marché leur laissera le bénéfice… du doute.
«La terre est peuplée de truqueurs et de bavards qui se servent des mots comme d’une monnaie qu’ils sauraient fausse», interpellait Françoise Sagan (3)...
L’entreprise filigrane
«L’entreprise filigrane», ce serait celle qui cherche à (faire) lire le mot «citoyenneté» en transparence de chacun des billets (réels ou fictifs) qui composent son bénéfice. Elle mise sincèrement sur l’éthique en faisant le choix d’une «œuvre commune» que le professeur émérite Paul-F. Smets (Université Libre de Bruxelles) décrit comme étant
. «éclairée»,
. non «récupératrice»,
. favorisant le développement de l’homme et de l’institution (4).
Sans le savoir, cette entreprise se conforme à l’adage de Henry Ford: «L’entreprise a besoin de faire du profit, mais si elle fonctionne uniquement sur le profit, alors elle n’en fera plus car elle n’aura plus de raison d’être».
Pour elle, le terme «valeur» ne renvoie pas seulement à ce qui vaut financièrement, mais aussi, fût-ce de plus loin, à ce qui vaut moralement.
. «L’entreprise cash-cash» (l'ombre de la photo ci-dessus) d’une part.
. «L’entreprise cash» (l'as de pique de la photo) d’autre part.
. «L’entreprise filigrane» (l'as de coeur de la photo) enfin…
L’entreprise cash-cash
«L’entreprise cash-cash», ce serait celle, pure et dure, qui n’est sensibilisée par rien d’autre que les résultats chiffrés.
Celle au sein de laquelle le profit est considéré comme une finalité exclusive.
Pour elle, la fin justifie tous les moyens.
Aux noms du Pèze et du Bénéfice et du Saint Grisbi...
L’entreprise cash
«L’entreprise cash», ce serait celle qui compose avec les limites des lois: lois du marché bien sûr, mais aussi lois de l'Etat.
Restrictions consenties par vertu?
Pas le moins du monde.
Par prudence plutôt.
Si programme «citoyen» elle affiche, celui-ci n’est que cosmétique.
Ce que ses responsables nient au grand jour, bien entendu.
Il n’empêche : de facto, l’éthique les laissent de marbre.
Tout juste espèrent-ils que le marché leur laissera le bénéfice… du doute.
«La terre est peuplée de truqueurs et de bavards qui se servent des mots comme d’une monnaie qu’ils sauraient fausse», interpellait Françoise Sagan (3)...
L’entreprise filigrane
«L’entreprise filigrane», ce serait celle qui cherche à (faire) lire le mot «citoyenneté» en transparence de chacun des billets (réels ou fictifs) qui composent son bénéfice. Elle mise sincèrement sur l’éthique en faisant le choix d’une «œuvre commune» que le professeur émérite Paul-F. Smets (Université Libre de Bruxelles) décrit comme étant
. «éclairée»,
. non «récupératrice»,
. favorisant le développement de l’homme et de l’institution (4).
Sans le savoir, cette entreprise se conforme à l’adage de Henry Ford: «L’entreprise a besoin de faire du profit, mais si elle fonctionne uniquement sur le profit, alors elle n’en fera plus car elle n’aura plus de raison d’être».
Pour elle, le terme «valeur» ne renvoie pas seulement à ce qui vaut financièrement, mais aussi, fût-ce de plus loin, à ce qui vaut moralement.
«L’éthique distingue ceux qui servent de ceux qui se servent», dit un jour un personnage dont la réputation d'homme d'affaires n’est plus à démontrer: le Baron Daniel Janssen (Union Chimique Belge)... (5)
(A suivre)
Christophe Engels
(1) Lipovetsky Gilles, L’ère du vide. Essai sur l’individualisme contemporain, Gallimard, Paris, 1993.
(2) Ce message n'est que le premier d'une série consacrée à la Responsabilité soci(ét)ale des entreprises.
(3) Sagan Françoise, La Robe mauve de Valentine, Juliard, Paris, 1963.
(4) D’après Smets Paul-F., Ethique ou cosmétique ? Le retour des valeurs dans un monde paradoxal, Bruylandt, Bruxelles, 2002.
(5) Pour suivre: d'autres messages consacrés à la Responsabilité soci(ét)ale des entreprises, puis à la Responsabilité soci(ét)ale des acteurs économiques.
