samedi 21 septembre 2013

La finance impose ses règles ? Changeons les !



Les réformes 
financières
mises en place 
depuis la faillite 
de Lehman 
Brothers ?
Insuffisantes, 
affirme-t-on 
chez
Finance Watch.
Qui en appelle 
à une approche 
différente.
Histoire 
de conjurer 
le (gros) risque 
d'une nouvelle crise.
Et de restaurer 
la confiance 
du citoyen.


Cinq années après la chute de Lehman Brothers (1), le système financier n'a pas été transformé.
Les banques et marchés de dérivés? 
Plus imposants que jamais.
Les manipulations?
Toujours épinglées par les journaux.
L'investissement productif?
L'exception plutôt que la règle. 
Et le risque systémique que les banque européennes font peser sur la société d'apparaître dans toute sa persistante actualité (2).
Plus important, même, qu'il ne l'était en septembre 2008. 

Au service de la société

N'est-il pas plus que temps de passer à autre chose?
Si, assure-t-on chez Finance Watch (3).
Une association qui entend défendre l’intérêt public en matière de réglementation financière.
Et qui vient de lancer une campagne d’information appelant le grand public à s’engager en faveur du changement... (4)

Changement: dépasser l'alibi pour éviter l'hallali

Changer les règles de la finance. 
Tel est l'objet de la campagne que vient de lancer l'a.s.b.l. en question.
Il s'agit d'abord d'alerter sur le fait que, cinq ans plus tard, le monde financier s'apparente toujours à un système à haut risque. 
Puis de proposer des solutions fondées sur des analyses-maison.
En invitant le public à les soutenir (5) afin d’éviter que l’Histoire ne se répète. 
«Malgré les efforts consentis en matière de réglementation, le danger d’une crise majeure n’a pas été écarté, regrette le Secrétaire Général Thierry Philipponnat. 
Et les réformes financières du G20 n’ont pas suffi à remettre l’industrie financière au service de la société.
D'où notre campagne.
Qui ne se contente pas d'expliquer ce qui s'est passé en une demi-décennie. 
Mais qui le fait dans des mots simples, étayés par des chiffres et appuyés sur des faits concrets.
Et qui précise en quoi le grand public peut participer, en exigeant des changements qui empêcheront une résurgence de la crise.»

Lobbyiste vs citoyen

«Des milliers de pages ont été écrites, ajoute l'Analyste Senior Benoît Lallemand.
De là une réglementation complexe qui couvre la plupart des domaines que le G20 s’était engagé à réformer.
La qualité n'est cependant pas à la mesure de la quantité.
En particulier parce que la voix de l’industrie financière domine toujours le processus de réforme. 
Il est donc urgent de définir une liste d’objectifs clairs...
Des objectifs dictés par l’intérêt public. 
Des objectifs définis avec la société civile.
Des objectifs mesurés par des indicateurs transparents. 
Il convient d’inscrire un maximum de citoyens dans cette voie. 
Et de proposer un agenda révisé qui permette de restaurer la confiance.»
A la société et non plus aux banques, désormais, d'écrire les règles de la finance.
Sous peine de ne jamais arriver à (re)trouver un système qui soit à la fois sûr et au service de tous...

C.E.

(1) Le quinze septembre 2008.
(2) Un rapport du Financial Stability Board du 5 septembre 2013 expose en détails ce qui a été accompli en termes de réformes financières internationales. Le FSB déclare que le problème des banques too-big-to-fail n’a pas encore été résolu et encourage vivement les dirigeants à s’atteler à des réformes mettant fin à ces banques géantes, réglementant le shadow banking et sécurisant les marchés de produits dérivés. 
(3) Les élections au Parlement européen, où se joue une part essentielle du processus de réglementation financière, auront lieu du 22 au 25 mai 2014. 
(4) Finance Watch organise à Bruxelles une conférence le 7 novembre 2013.
(5) Le public peut rejoindre les 6 500 personnes qui soutiennent déjà l’action de défense de l’intérêt public dans la réforme financière menée par Finance Watch en s’inscrivant sur le site. 




Dégager de nouvelles marges de manoeuvre financières 
en créant un impôt européen sur les bénéfices des entreprises 


Le taux d’impôt sur les bénéfices des entreprises n’est que de 25 % en moyenne en Europe contre 40 % aux Etats-Unis (1). 
C’est le monde à l’envers! 
On croyait que les Etats-Unis étaient les plus libéraux mais ils taxent plus que nous les bénéfices des entreprises.
Pourquoi l’Europe a-t-elle un taux aussi faible? 
Depuis l’adhésion de l’Irlande et de la Grande-Bretagne, en 1973, tous les états européens sont poussés au moins-disant fiscal par les états qui baissent leur impôt sur les bénéfices pour attirer les entreprises. 
L'Irlande a baissé son taux à 12 % et tous les états membres ont du baisser leur impôt sur les bénéfices… 
Au niveau européen, le taux moyen d'impôt sur les bénéfices a baissé d'un tiers en vingt ans. 
Ce moins-disant fiscal est l'une des causes importantes de l’endettement public. 

Jamais il n'y a eu autant de bénéfices (plus de 550 Milliards d'euros l'an dernier pour les seules entreprises du DJ Stox 600 (2)) mais jamais l'impôt sur les bénéfices n’a été aussi faible! 

La dernière fois que l'on a connu une telle course au moins disant fiscal, c'était aux Etats Unis dans les années 1920: le Texas baissait ses impôts pour attirer les entreprises. 
Puis c’est la Floride qui baissait l’impôt sur les bénéfices. 
Puis l’Ohio… 
Les entreprises (et leurs actionnaires) profitaient sans complexe de ce dumping fiscal. 
Jusqu’à ce qu’éclate la crise de 1929. 
Les Etats se rendirent compte alors que leurs caisses étaient vides et qu’ils n’avaient pas les moyens d’aider les chômeurs ni de relancer l’activité en augmentant les dépenses publiques! 
Dès qu’il arrive au pouvoir, Roosevelt crée un impôt fédéral sur les bénéfices pour rendre impossible le dumping entre états voisins. 
En Europe au contraire, il n'y a pas d'impôt européen. 
Ce qui favorise grandement le dumping entre voisins. 
Voilà comment nous sommes arrivés à un taux d’imposition 15 points inférieur à celui des Etats-Unis. 
Aucun pays d’Europe ne peut augmenter de 15 points son taux d’impôts sur les bénéfices: s’il est le seul à le faire, les entreprises partiraient toutes dans les états voisins. 
Mais rien ne nous empêche d’agir au niveau européen en créant un impôt européen sur les bénéfices de l’ordre de 15 %. 

21 milliards de marges de manœuvre, chaque année, pour la France 

Pour le moment, l’Europe n’a pas de ressources propres. 
Ce sont les états membres qui versent chaque année de quoi financer son budget. 
Cette année, la France va payer 21 milliards d'euros au budget européen (3). 
Si le budget européen était financé par un impôt européen, ces 21 milliards resteraient dans les caisses de Bercy, ce qui diminuerait d’autant notre déficit. 

Quel impôt européen? 

On peut créer un impôt sur les bénéfices des entreprises puisque c'est l'impôt sur les entreprises qui a fortement diminué depuis vingt ans, au profit des actionnaires bien plus que de l'investissement. 
Une éco-taxe permettrait également de renforcer les ressources propres de l'Europe, tout en incitant les entreprises à diminuer leur consommation d’énergie. 
L’idée de créer un impôt européen avait déjà été avancée par Jacques Delors dans les années 1980. 
Après presque 30 ans de réflexion, n’est-il pas urgent de passer à l’action? 
Puisqu’un nouveau Traité doit être négocié d’ici le mois de mars 2012, il doit intégrer la création d’une taxe sur les transactions financières et la création d’un impôt européen sur les bénéfices des entreprises. 
Si le budget européen était financé par un impôt européen sur les bénéfices, la France économiserait chaque année un peu plus de 20 milliards. Si un tel impôt existait déjà, notre déficit public ne serait plus que de 75 milliards, moins de 4 % du PIB. 

(1) Le Monde du 12 avril 2006. Il s’agit là du taux nominal, du taux "officiel". Des deux côtés de l’Atlantique, le taux réel de prélèvement sur les bénéfices est plus faible à cause de multiples exonérations. 
(2) Les 600 plus grandes entreprises cotées d’Europe. 
(3) Inutile de rappeler que nous allons aussi en tirer profits, via la politique agricole, les aides structurelles et les nombreuses politiques européennes dont nous bénéficions. Mettre fin au dumping fiscal en Europe.
 



Mettre fin au dumping fiscal européen
en créant un impôt européen sur les bénéfices des entreprises 


Le taux d’impôt sur les bénéfices des entreprises n’est que de 25 % en moyenne en Europe contre 40 % aux Etats-Unis (1) . 
C’est le monde à l’envers ! On croyait que les Etats-Unis étaient les plus libéraux mais ils taxent plus que nous les bénéfices des entreprises. 
Pourquoi l’Europe a-t-elle un taux aussi faible? 
Depuis l’adhésion de l’Irlande et de la Grande-Bretagne, en 1973, et l’élargissement à 27, tous les états européens sont poussés au moins-disant fiscal par les états qui baissent leur impôt sur les bénéfices pour attirer les entreprises. 
L’Irlande a baissé son taux à 12 % et tous les états membres ont dû baisser leur impôt sur les bénéfices… 
Au niveau européen, le taux moyen d’impôt sur les bénéfices a baissé d’un tiers en vingt ans. 
Ce moins-disant fiscal est l’une des causes importantes de l’endettement public.

La dernière fois que l’on a connu une telle course au moins-disant fiscal, c’était aux Etats-Unis dans les années 1920: le Texas baissait ses impôts pour attirer les entreprises. 
Puis c’est la Floride qui baissait l’impôt sur les bénéfices. 
Puis l’Ohio… 
Les entreprises (et leurs actionnaires) profitaient sans complexe de ce dumping fiscal. 
Jusqu’à ce qu’éclate la crise de 1929. 
Les Etats se rendirent compte alors que leurs caisses étaient vides et qu’ils n’avaient pas les moyens d’aider les chômeurs ni de relancer l’activité en augmentant les dépenses publiques! 

Dès qu’il arrive au pouvoir, Roosevelt crée un impôt fédéral sur les bénéfices pour rendre impossible le dumping entre états voisins. 
En Europe au contraire, il n’y a pas d’impôt européen. 
Ce qui favorise grandement le dumping entre voisins. 
Voilà comment nous sommes arrivés à un taux d’imposition de 15 points inférieur à celui des Etats-Unis. 
Aucun pays d’Europe ne peut augmenter de 15 points son taux d’impôts sur les bénéfices: s’il est le seul à le faire, les entreprises partiraient toutes dans les États voisins. 
Mais rien ne nous empêche d’agir au niveau européen en créant un impôt européen sur les bénéfices. 

L’idée de créer un impôt européen avait déjà été avancée par Jacques Delors dans les années 1980. 
Après presque 30 ans de réflexion, il devient urgent de passer à l’action! 

Jamais il n’y a eu autant de bénéfices (plus de 550 milliards d’euros en 2011 pour les seules entreprises du DJ Stox 600 (2)), mais jamais l’impôt sur les bénéfices n’a été aussi faible! 

Il est essentiel de veiller à ce que les sociétés payent leur impôt. L’optimisation fiscale doit être combattue. 
Trop de règles existent, il faut simplifier, homogénéiser et rendre efficace l’imposition. 
Trop de grandes sociétés arrivent à contourner l’impôt. 
Il n’y a pas de raison que les PME payent plus que grandes entreprises alors que ce sont elles qui créent les nouveaux emplois! 

En Belgique en 2010 des firmes comme Telenet, Exxon, Arcelor-Mittal, Frère-Bourgeois, Accor Hotels, Belgacom, Solvay, Umicore, BASF ou InBev ne payent pas d’impôts malgré des bénéfices de centaines de millions d’euros. 
Les 1.000 sociétés présentant les plus gros bénéfices ont réalisé un total de 57 milliards sur lesquels elles n’ont payé que 3,3 milliards d’impôts, soit un taux d’imposition d’à peine 5,73 %! 

Le taux effectif moyen d’imposition des sociétés en Belgique a diminué de moitié en dix ans : alors qu’il était de 20 % en moyenne en 2001, le taux d’imposition des sociétés était en-dessous des 10 % en 2009. 

Concernant les intérêts notionnels, plus d’une société met sur pied des constructions dans le seul objectif d’éluder l’impôt. 
Dans la plupart des Etats membres de l’UE, l’impôt des sociétés tend à favoriser le financement des investissements par endettement plutôt que par fonds propres, puisque les intérêts sur les emprunts sont déductibles. 
Il y a donc une logique économique à vouloir corriger ce biais. 
Toutefois, la loi belge sur les intérêts notionnels, mal conçue, a permis de nombreux abus, notamment des constructions dans le seul but d’éviter l’impôt. 
Lors de l’introduction de la mesure, le coût budgétaire était estimé à environ 500 millions euros. 
Il serait en réalité plus proche de 2,4 milliards. 
Il ressort des études auprès des entreprises belges que si les intérêts notionnels n’ont pas suscité d’investissements significatifs ni en terme de développement de l’entreprise, ni en terme d’emplois, l’introduction des intérêts notionnels a eu comme seule conséquence d’augmenter encore plus les bénéfices des entreprises en diminuant leur taux implicite d’imposition. 

(1) Le Monde du 12 avril 2006. Il s’agit là du taux nominal, du taux « officiel ». 
Des deux côtés de l’Atlantique, le taux réel de prélèvement sur les bénéfices est plus faible à cause de multiples exonérations. 
(2) Les 600 plus grandes entreprises cotées d’Europe.

mardi 17 septembre 2013

Revenu de base. La semaine ou jamais...






La semaine 
du revenu de base,
c'est parti !
L'objectif principal ?
Récolter un maximum 
de signatures 
pour l'initiative 
citoyenne européenne.
Histoire de faire en sorte 
que la Commission 
accepte de débattre 
de cette idée (1). 

Une quinzaine.
Elles sont une quinzaine de villes à s'être mobilisées dans les pays francophones européens.  
Résultat: une multitude d'événements liés au revenu de base.
Du ciné-débat à l'atelier en passant par le stand de rue, le pique-nique ou le café citoyen...

Action !

Si vous souhaitez, vous aussi, participer à cette grande mobilisation citoyenne, voici par ailleurs quelques idées d'actions...
. Participer à la Vague blanche pour un revenu de base en vous photographiant muni d'une pancarte promouvant cette idée. (3)
. Soutenir le collectif des Zooms verts (cinéastes toulousains engagés) en finançant quatre créations sur le revenu de base!  (4)
«N'hésitez pas à relayer ces informations et à diffuser ces suggestions auprès de tous vos amis, suggèrent les promoteurs de cette initiative. 
Pour plus de détails, rendez-vous sur le site semaine.revenudebase.info et sur notre événement Facebook. 
Bonne semaine à tous!»

(1) Pour rappel, l'Initiative Citoyenne Européenne demande officiellement à la Commission Européenne, par la voix des citoyens européens signataires, d’encourager l'exploration du revenu de base inconditionnel comme un outil pour améliorer les systèmes de sécurité sociale nationaux. Cette étude approfondie passe par la promotion d'initiatives telles que des études pilotes et par l'examen de différents modèles du Revenu de Base Inconditionnel.
(2) Plus d'infos sur revenudebase.info.
(3) Vous pouvez télécharger vos photos sans besoin de vous identifier. Il suffit de cliquer sur "Browse" sous le carré en pointillé et d'importer votre photo. N'hésitez pas à vous inspirer des panneaux proposés sur cette page. 
(4) Voir la présentation de leur projet sur le site dédié. 
 

samedi 14 septembre 2013

Faim, sida et pauvreté: l'autre terrorisme


Connaissez-vous ce spot ?
Non, sans doute.
Il n'a en effet été diffusé qu'à une seule reprise.
Avant d'être interdit d'antenne 
par le gouvernement américain. 
A tort ou à raison?
A vous de juger...  
 











mercredi 11 septembre 2013

Evasion fiscale. Le hold-up du siècle


 Elle s'appelle Ugland House.
Elle se situe aux îles Caïmans. 
Et elle accueille... 18.000 entreprises!
Le tout sur quatre étages.
Ceux du cabinet d'avocat Maples and Calder. 
Voyage au vertigineux pays de l'évasion fiscale.
Remarquablement décodée, 
pour Arte,
par le journaliste français Xavier Harel... 
 
Imaginez un monde dans lequel vous pourriez choisir de payer ou non des impôts tout en continuant à bénéficier de services publics de qualité (santé, éducation, sécurité, transport...) rémunérés par les autres. 
Ce monde existe.
C'est... le nôtre!

Circulez, ' y a rien à voir !

Aujourd'hui, les multinationales peuvent dégager des milliards d'euros de bénéfice et ne pas se fendre d'un seul euro d'impôt. 
De même que des riches contribuables ont tout loisir de dissimuler leurs fortunes à l'abri du secret bancaire suisse ou dans des trusts domiciliés à Jersey. 
L'évasion fiscale a pris de telles proportions qu'elle menace aujourd'hui la stabilité de nos États.
Entre vingt mille et trente mille milliards de dollars sont ainsi dissimulés dans les paradis fiscaux.
Soit l'équivalent des deux tiers de la dette mondiale...


Silence, on pille... 

C'est pour nous faire découvrir l'industrie de l'évasion fiscale que Xavier Harel, journaliste et auteur de La grande évasion: le scandale des paradis fiscaux, nous emmène aux îles Caïmans, dans le Delaware aux États-Unis, à Jersey, en Suisse ou encore au Royaume-Uni.
Il démonte avec humour les savoureux montages de Colgate, Amazon ou Total pour ne pas payer d'impôt. 
Il dénonce aussi le rôle des grands cabinets de conseil comme KPMG, Ernst and Young ou Price Water House Cooper dans ce pillage de nos richesses. 
Il révèle enfin au grand jour l'incroyable cynisme des banques comme UBS ou BNP qui ont été renflouées avec de l'argent public mais continuent d'offrir à leurs clients fortunés des solutions pour frauder le fisc. 

Le prix de la gratuité...

Pourtant, l'évasion fiscale a un prix. 
En Grèce, Xavier Harel nous montre comment un pays européen a basculé dans la faillite en raison de son incapacité à lever l'impôt. Faillite qui nous menace tous si rien n'est fait pour mettre un terme à ces incroyables privilèges dont jouissent aujourd'hui les grandes entreprises et les riches fraudeurs. (1)

(1) Le reportage en question sera rediffusé le mardi 24 septembre à 8h55 sur Arte (après première diffusion le 10 septembre, à 20h50).



Boycotter les paradis fiscaux  

> utiliser le levier de la commande publique 

Un rapport du Parlement européen estime que la fuite vers les paradis fiscaux provoque chaque année un manque à gagner fiscal de l’ordre de 1 à 1,5% du PIB pour chaque État membre. 
En France, c’est chaque année une perte de 20 à 30 milliards d’euros. 
Au-delà des beaux discours, aucune action sérieuse n’est engagée aujourd’hui pour les lutter contre les paradis fiscaux. 
Le 4 novembre 2011, à l'issue du Sommet du G20, Nicolas Sarkozy prenait à témoin l'opinion publique mondiale et affirmait «ne plus vouloir des paradis fiscaux». 
Il promettait de les «mettre au ban de la communauté internationale».
Le Panama était un des pays nommés dans ce discours très vigoureux mais deux semaines plus tard, le président du Panama déclarait en sortant de l'Élysée que le président français l’avait assuré que la convention signée entre la France et le Panama pour «éviter les doubles impositions» serait ratifiée par le Parlement français d'ici la fin 2011… 
Et quand un journaliste (1) s’inquiète de ce double discours, un conseiller lui répond que...
«Le président de la République s'exprimait à Cannes comme président du G20.
Il ne s'agissait en aucun cas d'une déclaration à titre national.» 
Vu la gravité de la crise des finances publiques, ce double discours n’est plus acceptable. Plutôt que d’imposer aux peuples des plans d’austérité qui aggravent la crise, l’Etat doit déclarer la guerre aux paradis fiscaux: 
> en rendant obligatoire la transparence des comptes des entreprises: toutes les entreprises doivent rendre des comptes sur leur activité pays par pays et déclarer l’existence de filiales dans des paradis fiscaux ou des centres off shore;
> en boycottant les entreprises ayant des filiales dans ces paradis fiscaux: l’État et l’ensemble des collectivités locales (régions, départements, communes et communautés de communes…) ne doivent plus accorder aucun marché public à une entreprise (banques, entreprise de travaux publics, fournisseurs de systèmes informatiques…) qui a des filiales dans des paradis fiscaux et qui échappe ainsi aux impôts qui financent l’école, la santé, la police ou les retraites;
> en mettant fin à la pratique de l'optimisation fiscale des groupes internationaux via les prix de transfert. 
Il faut transposer au niveau européen l'apportionment existant aux Etats-Unis, qui oblige chaque entreprise trans-étatique à déclarer sa masse salariale, son chiffre d'affaire et ses investissements Etat par Etat. 
Son niveau d'imposition est alors calculé en fonction de ces trois paramètres et non plus du seul profit déclaré, lequel est systématiquement transféré dans les zones fiscalement intéressantes. 

(1) La Tribune, 25 novembre 2011.



Démanteler les paradis fiscaux et mettre fin au secret bancaire 
en utilisant le levier des commandes publiques, 
l’obligation de transparence 
et l’échange automatique d’information 

La fuite vers les paradis fiscaux provoque chaque année un manque à gagner fiscal de l’ordre de 1 à 1,5% du PIB pour chaque État membre de l’Union européenne. 
En Belgique, c’est chaque année une perte de 5 à 6 milliards d’euros. 
Aujourd’hui, au-delà des beaux discours, aucune action sérieuse n’est engagée pour lutter contre les paradis fiscaux. 
Plutôt que d’imposer aux peuples des plans d’austérité qui aggravent la crise, les gouvernements doivent déclarer la guerre aux paradis fiscaux En rendant obligatoire la transparence des comptes des firmes transnationales: toutes les entreprises doivent publier leurs activités pays par pays (investissements, profits, impôts) et déclarer l’existence de filiales dans des paradis fiscaux ou des centres offshore. 
Une telle mesure permettrait de mettre fin à la pratique de l’optimisation fiscale des firmes transnationales via les prix de transfert entre filiales d’un même groupe, qui représentent la majeure partie de l’évasion fiscale dans le monde. 
En boycottant les entreprises ayant des filiales dans les paradis fiscaux: l’État et l’ensemble des pouvoirs locaux (régions, communautés, provinces, communes et intercommunales…) ne doivent plus accorder aucun marché public à une entreprise (banques, entreprise de travaux publics, fournisseurs de systèmes informatiques…) qui a des filiales dans des paradis fiscaux et qui échappe ainsi aux impôts qui financent l’école, la santé, la police ou les retraites. 
En démantelant les paradis fiscaux par l’instauration d’un système multilatéral d’échange automatique d’informations fiscales: un tel système impliquerait que les administrations fiscales seraient automatiquement informées de l’ouverture d’un compte dans un pays tiers et éradiquerait dès lors l’évasion fiscale et les paradis fiscaux. 
La Belgique, qui représente elle-même un paradis fiscal financier, est responsable de l’évasion fiscale qui grève les budgets des Etats membres voisins de l’Union européenne. 
En effet, les différents mécanismes, tels que les intérêts notionnels, l’absence de taxation des plus-values boursières et des grosses fortunes, favorisent l’évasion fiscale. 
Ces points sont abordés dans la proposition 3: «Mettre fin au sabotage fiscal». 
En outre, le régime du précompte mobilier libératoire rend non seulement impossible toute taxation progressive, mais empêche également d’estimer précisément la distribution des revenus, puisque l’identité des bénéficiaires n’est jamais transmise à l’administration fiscale. 
A l’échelle internationale, malgré l’annonce du G20 de mars 2009 de mettre fin au secret bancaire, il s’est limité à publier une liste noire et grise de paradis fiscaux et d’exiger qu’ils négocient douze accords bilatéraux d’échange d’information à la demande pour sortir de la liste. 
Les révélations de l’Offshore Leaks ont toutefois semblé raviver la volonté politique internationale pour enrayer l’évasion fiscale: les Etats-Unis ont adopté une loi (FACTA) qui entrera en vigueur en 2014 et qui imposera à toutes les institutions financières dans le monde de communiquer les informations concernant les résidents américains, tandis que plusieurs pays de l’UE ont plaidé en faveur d’un «FACTA européen». 


dimanche 8 septembre 2013

Contre ou avec l'autre? Une autre réussite est possible

 

 












La réussite, d'accord.
Mais pour moi 
ou pour nous?
L'intelligence, oui.
Mais individuelle 
ou collective?
de son questionnement existentiel.
Et remet les montres à l'heure. 
Celle d'une indispensable utopie...


«"Réussir" est devenu l'obsession générale de notre société.
Et cette réussite est mesurée par notre capacité à l'emporter dans des compétitions permanentes.
Il est pourtant clair que la principale performance de chacun est sa capacité à participer à l'intelligence collective.
A mettre en sourdine son "
je".
Et à s'insérer dans le "nous", celui-ci étant plus riche que la somme des "je" dans laquelle l'attitude compétitive enferme chacun. 
Le drame de l'école est d'être contaminée par une attitude de lutte permanente, qui est à l'opposé de sa finalité.» (1)

Albert Jacquard

(1) Jacquard Albert, Mon utopie, Stock, Paris, 2006.


Andrés Cifuentes, metteur en scène et acteur à Bruxelles
 «Mon regard sur l'utopie...»


«Le théâtre, 
établi dans la déchirure 
entre le temps du sujet 
et le temps de l'histoire, 
est l'une des dernières demeures de l'utopie.»
Heiner Müller

«Dans le langage courant actuel, "utopique" veut dire impossible.
Une utopie est une chimère, une construction purement imaginaire dont la réalisation est, a priori, hors de notre portée.
Dans notre création nous parlons avant tout de l’être humain. 
Nos héros utopiques coexistent jadis et maintenant, entre l’absence et la proximité, entre la cause et l’effet, entre les vivants et les morts.
Ils portent dans leurs mémoires l’empreinte de combats existentiels. 
Des personnages porteurs d’espoir, même si le siècle qui vient de s'achever nous apprend qu'il n'y a pas de fatalité historique, que l'utopie peut se retourner en son contraire, et le rêve se transformer en cauchemar.
Notre création s’inspire principalement de "Utopia" de Thomas More, de "La République" de Platon, de textes de Heiner Müller, de l’œuvre de Sarah Kane et des écrits d’Antonin Artaud… 
Les piliers thématiques sont
. la nature même de l’homme, 
. la dystopie, 
. la notion de liberté, 
. la mémoire,
. l’amour, 
. l’être humain pris au piège, 
. le rôle du libre arbitre. 
Nous pensons que Utopie ne veut pas dire impossible.
Nous croyons que d'autres modes de vie sont possibles: les hommes devraient construire autrement leurs formes d'organisation politique et sociale pour venir à bout des vices, des guerres et des misères. 
Dans notre création, nous faisons appel à Electre, à Hamlet, à Ophélie et à d’autres grands personnages... 
Nous parlons de solitude, de manque, de rêve et développons des fils narratifs, bribes d’histoires, confessions, citations, courts récits et tirades poignantes, inscrits dans la chaire même de l’humanité apportant clairvoyance et intelligibilité.»
Andrés Cifuentes


En bref...
Quoi? 
Diptyque de la vie: Utopie et 4.48 Psychose  
Qui?  
Compagnie de théâtre Andrés Cifuentes 
Où?  
Université Libre de Bruxelles (ULB) 
Salle Delvaux, 
Bâtiment F-1 
Avenue Paul Héger, 20 
1050 Bruxelles  
Quand?  
Du 13 au 21 septembre 2013 
Mais encore... 
Informations et réservations:  
www.theatreandrescifuentes.be 
contact@theatreandrescifuentes.be  
0(032)474/34 52 99
 

mercredi 4 septembre 2013

Actu. L'Etat, c'est moi !

Prendre des voies inhabituelles 
pour organiser le vivre-ensemble 
en marge de la mondialisation?
Créer des micro-nations, 
des éco-villages 
ou des communes indépendantes?
Depuis la fin des années 1990, 
plus de cinq cents contre-sociétés 
ont posé ce type de choix. 

Elles édictent des lois.
Elles ont leur propre gouvernement.
Elles produisent leurs passeports.
Elles impriment leurs billets.
Elles vont même jusqu’à inventer leur langue. 
Autant d'entités sécessionnistes ou adeptes de l’idéologie libertaire.
Qui, toutes, font la guerre au système.
Prônent leur autonomie. 
Et se sont établies sur des territoires parfois fantaisistes...
. Des radeaux de quelques mètres carrés dans la mer Adriatique.
. Une exploitation agricole à l’ouest de l’Australie.
. Ou alors une plateforme militaire laissée à l’abandon au large des côtes britanniques. 

Etranger néo-libéral, passe ton chemin!

Le réalisateur Paul Poet nous plonge au cœur de ces différentes structures sociales dont les acteurs sont mus par un désir de reconnaissance et de solidarité. 
Au programme: des initiatives qui, a priori étranges et marginales, rassemblent en fait des simples opposants au néo-libéralisme. 
Leur mot d'ordre? 
Si ce monde ne te convient pas, construis donc le tien!