vendredi 23 septembre 2016

«Regarde-les bien, ces déracinés...»



«Regarde-les donc bien,
ces apatrides...»
«Regarde-les bien, 
ces déracinés...»
«Regarde-les bien, 
ces hommes entassés 
à l'arrière du bateau...»
Invitait déjà 
l'Autrichien Stefan Zweig...















«Regarde-les donc bien, ces apatrides, toi qui as la chance de savoir où sont ta maison et ton pays, toi qui à ton retour de voyage trouves ta chambre et ton lit prêts, qui as autour de toi les livres que tu aimes et les ustensiles auxquels tu es habitué. 

Regarde-les bien, ces déracinés, toi qui as la chance de savoir de quoi tu vis et pour qui, afin de comprendre avec humilité à quel point le hasard t'a favorisé par rapport aux autres.

Regarde-les bien, ces hommes entassés à l'arrière du bateau et va vers eux, parle-leur, car cette simple démarche, aller vers eux, est déjà une consolation;
et tandis que tu leur adresses la parole dans leur langue, ils aspirent inconsciemment une bouffée de l'air de leur pays natal et leurs yeux s'éclairent et deviennent éloquents.»




Stefan Zweig


(1) Zweig Stefan, Voyages, Belfond, Paris, 1902-1939.


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