
le politique du XXIe siècle?
Michel Maffesoli (1)
y va
en tout cas
à la sulfateuse.
Qualifiant
ceux qui ne prennent pas au sérieux
le changement de paradigme en cours
de «poltrons» «arrimés à leurs certitudes»...
Michel Maffesoli
Oui, il faut prendre au sérieux le changement de paradigme en cours.
Ce qui était, en
son moment fondateur, chargé de sens devient totalement insensé.
C’est
le cas pour le politique devenu une antiphrase puisqu’il ne désigne plus «l’habiter commun».
Il reste l’écorce, le mot; l’amande n’est
plus là.
Et quoi que ce soit une chose habituelle dans la classe politique, ceux
qui ne sont pas à même de prendre acte d’un tel état de fait sont des poltrons
qui, arrimés à leurs certitudes, sont incapables de voir qu’un modèle
d’organisation sociale, aussi performant ait-il été, n’est plus en pertinence
avec l’esprit du temps.
Festif et ludique: la grande contamination
C’est ce qui arrive au «modèle français», celui de la verticalité jacobine, qui, dans son abstraction même, ne peut saisir l’élément tellurique fondamental qu’est ce que l’on peut appeler l’apprentissage réciproque.
C’est ce qui arrive au «modèle français», celui de la verticalité jacobine, qui, dans son abstraction même, ne peut saisir l’élément tellurique fondamental qu’est ce que l’on peut appeler l’apprentissage réciproque.
Celui d’un savoir
toujours en mouvement.
Et donc d’une manière d’être privilégiant, ainsi que je l’ai maintes fois indiqué, l’hédonisme du présent, et le fait de le vivre en constante interaction avec l’autre.
Et donc d’une manière d’être privilégiant, ainsi que je l’ai maintes fois indiqué, l’hédonisme du présent, et le fait de le vivre en constante interaction avec l’autre.
Les effervescences de tous ordres, y compris les rituels grèves,
manifestations, «happenings» et autres expressions du «ras-le-bol» en
témoignent.
Le
politique est, de plus en plus, contaminé par le festif, le ludique.
Le retour
des affects dans la sphère publique est l’indice le plus net du fait que l’on
ne peut plus couper l’être social en rondelle.
Et c’est bien une telle
entièreté qui échappe singulièrement au rationalisme de la classe politique. (2)(3)
(A suivre)
Michel Maffesoli
(1) Membre de l’Institut universitaire de
France et professeur à la Sorbonne, directeur du Centre d’études
sur l’actuel et le quotidien (Paris-V), Michel Maffesoli est l’auteur,
entre autres, de La Part du diable (Flammarion, 2002), du Réenchantement
du monde (La Table ronde, 2007) et de Homo eroticus, des communions
émotionnelles (CNRS Éditions, 2012).
(2) Ce message est extrait d'un document de 24
pages qui nous a été envoyé par Michel Maffesoli sous l'intitulé L'Opéra-Bouffe
du Politique. Nous le publions ici avec l'accord explicite de l'auteur et
par parties. Avec, aussi, tous nos remerciements. Et en précisant que les titre, chapeau et intertitre sont de la rédaction.
(3) Pour suivre (sous réserve d’éventuelles
modifications de dernière minute) :
.
«Politique. Ah, là là! Que d'émotions...» (Michel Maffesoli),
.
«Politique. Le tout de l'existence.» (Michel Maffesoli),
.
«Politique. Les mots pour le dire.» (Michel Maffesoli),
.
«Politique. Formes formantes ou formes formules.» (Michel Maffesoli),
.
«Politique. Utopia lex, sed lex.» (Michel Maffesoli),
.
«Politique. Enracinement dynamique.» (Michel Maffesoli),
.
«Le politique sera populaire ou ne sera pas... Pessimisme de l'intelligence,
optimisme de la volonté.» (Michel Maffesoli),
.
«Politique. Le sens de l'ordinaire.» (Michel Maffesoli)...