mardi 13 novembre 2018

«Mais, bon! Je ne suis pas non plus Mère Teresa...» Aung San Suu Kyi, l'icône déchue

 
















Trop, c'est trop!
S'inscrivant dans le sillage de bon nombre d'institutions 
dont plusieurs universités et villes européennes, 
Amnesty International vient d'annoncer sa décision 
de retirer à Aung San Suu Kyi (1) le prix lui décerné en 2009.
En cause: son silence sur la crise des Rohingyas.
Voici la lettre que Kumi Naidoo,
le secrétaire général de l'organisation, 
a adressé à la dirigeante du Myanmar 
pour lui notifier sa décision. 


















«Chère Aung San Suu Kyi, 


Lorsque nous vous avons remis cette récompense, vous étiez «un symbole d'espoir, de courage et de défense inépuisable des droits humains, non seulement pour le peuple du Myanmar, mais aussi pour les citoyens du monde entier». 
En tant qu'Ambassadrice de la conscience d'Amnesty International, nous espérions que vous continueriez d'user de votre autorité morale pour dénoncer l'injustice où qu'elle se manifeste, et pour le moins au Myanmar.

Au lieu de cela, nous sommes à la fois inquiets et déçus par votre trahison manifeste et persistante des valeurs fondamentales que vous avez défendues pendant des décennies. 


En outre, nous sommes consternés par les discours de haine qu’a tenus votre gouvernement à l’égard des minorités, encourageant au lieu de freiner la discrimination et l'hostilité. 
En tant qu'organisation ayant œuvré sans relâche à votre libération –et à la libération de tous les prisonniers d'opinion au Myanmar– nous déplorons vivement que votre gouvernement n’ait pas abrogé ou modifié les lois répressives, mais s’en soit servi pour restreindre la liberté d'expression et arrêter et emprisonner des défenseurs des droits humains, des journalistes et des militants pacifiques.

Aujourd'hui, nous sommes profondément déçus que vous ne soyez plus un symbole d'espoir, de courage et de défense inépuisable des droits humains. 

Incapables de justifier le maintien de votre statut de lauréate du prix d'Ambassadrice de la conscience, c'est avec une grande tristesse que nous vous le retirons par la présente. 


Nous restons inébranlables dans notre engagement à garantir que tous les citoyens au Myanmar puissent exercer leurs droits librement, dans la dignité et en toute égalité.


Veuillez agréer l’expression de ma haute considération,


Kumi Naidoo
Secrétaire général d'Amnesty International»
















(1) Surnommée «La Lady», Aung San Suu Kyi, 73 ans, a été récompensée d'un Prix Nobel de la paix en 1991. Elle est aujourd’hui dirigeante du Myanmar (ex-Birmanie) avec la double fonction de ministre des affaires étrangères et de «conseillère d’Etat» –un poste équivalent à celui de Premier ministre.


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