dimanche 17 novembre 2013

Chômage. "It's the flexibility, stupid !"



«It ’s the flexibility, stupid!»
Combien de fois 
les Européens 
auront-ils entendu 
leurs collègues américains 
expliquer 
que la persistance 
du chômage en Europe 
était liée 
à l’absence de flexibilité 
du marché de l’emploi? 
Pour le Chief economist 
Evariste Lefeuvre, 
il semble néanmoins 
que la dernière récession 
ait porté un coup fatal 
aux vertus du «tout flexible».


Evariste Lefeuvre (1)


«Alors que de nombreuses voix continuent de s’élever pour critiquer le degré de protection excessif des salariés français ou encore le rôle démesuré des syndicats au regard du pourcentage de salariés qu’ils représentent, l’Amérique découvre le côté obscur de la flexibilité excessive du marché du travail.

Il est vrai que la France se caractérise par un marché du travail d’insiders: en phase de reprise, et à la différence de plusieurs de ses voisins, les salaires augmentent bien avant que le taux de chômage n'ait atteint son point bas du précédent cycle. 
Dit autrement, l’évolution du salaire réel (le pouvoir d’achat) est déconnectée du positionnement cyclique de l’économie.

Le mode de négociation salariale consiste à privilégier les actifs, et non les chômeurs ou les jeunes (qui ne sont pas aidés non plus par la nature des contrats de travail qui sont proposés). 
L’Accord national interprofessionnel (ANI), qui déplace le curseur des salaires à l’emploi, pourrait être une première dans l’inflexion de ces défaillances structurelles. 
Mais ses effets seront longs à se manifester.

De leur côté, les Etats-Unis ont toujours vanté les mérites de la flexibilité: licenciements peu contraints, réévaluations salariales, durée limitée des prestations chômage, mobilité entre emplois... 
Elle faisait partie des clefs du succès économique, avec une influence notable sur le mode de pensée des grandes institutions internationales. Les faits leur ont donné raison jusqu’aux années 1990 avec un fort taux d’emploi, un chômage structurellement faible et un nombre d’heures travaillées par an parmi les plus élevés au monde.

Même si ces chiffres masquaient une paupérisation inquiétante de la classe moyenne (inégalités, réduction de la couverture sociale offerte par les employeurs...), la flexibilité est longtemps restée au cœur du "succès" américain. 
Elle s’est d’ailleurs considérablement accentuée au cours des deux dernières crises économique. 
Mais d’une manière asymétrique.

(...)

L’illusion de la flexibilité est fondée sur ce que les économistes appellent les équilibres multiples. 
En phase de plein emploi (Etats-Unis entre 1950 et 1990), la flexibilité permet d’améliorer l’efficacité du marché du travail. 
En revanche, lorsque des chocs majeurs frappent l’économie, à l’instar de ce qui s’est vu aux Etats-Unis depuis environ 25 ans, cette flexibilité doit être nuancée, révisée, accompagnée d’une modification du cadre institutionnel mais aussi de la conduite des politiques économiques contra-cycliques.» (2)


Evariste Lefeuvre (1)


(1) Evariste Lefeuvre est Chief economist Amériques, Natixis New York, auteur de La Renaissance américaine, Editions Léo Scheer, Paris, 2012.
(2) Ce message ne reprend que partiellement un texte plus complet: Lefeuvre Evariste, Flexibilité du travail: une désillusion américaine, Le Monde.fr/Blogs, 13 novembre 2013.
(3) Pour suivre (sous réserve de changement de dernière minute):
. «Réduction du temps de travail: l'heure a sonné!»,
. «Ecarts de rémunération. Abus de liens sociaux»,
. une série de messages consacrés à une réflexion approfondie sur les mouvements sociaux en général, puis sur les courants de pensée et modes de vie émergents en particulier,
. ... 


jeudi 14 novembre 2013

Fidèle à lui-même, Minute creuse le débat...



Quand il s'agit de rappeler
que le slogan «Politiquement incorrect»  
ne fait pas le label de qualité, 
Minute
il faut le reconnaître, 
ne ménage pas ses efforts.
L'occasion
de se situer 
au niveau intellectuel
de l'hebdomadaire d'extrême-droite.
Le temps d'un message 
et à titre tout à fait exceptionnel.

«Au lieu de vous emmerder 
à lire tout Sartre, 
vous achetez un exemplaire de Minute 
pour moins de dix balles.
Vous avez à la fois  
La Nausée et Les Mains sales.» 
Pierre Desproges













Pour suivre (sous réserve de changement de dernière minute):
. «Chômage. "It's the flexibility, stupid!"»,
. «Rémunération. Abus de liens sociaux»,
. une série de messages consacrés à une réflexion approrfondie sur les mouvements sociaux en général, puis sur les courants de pensée et modes de vie émergents en particulier,

mercredi 13 novembre 2013

Le partage du temps de travail, c'est maintenant!

FORUM Européen « Partage du Travail, maintenant ! »
 
Quand le Collectif Roosevelt convie 
à une journée de présentation et d'échanges 
sur le partage du travail 
comme remède au chômage de masse...
Ce 19 novembre à Strasbourg.
 
 
Horaires - Programme
  • 9h00 - 9h10 Accueil et présentations.
  • 9h10 - 9h30 Introduction au Forum (Karima DELLI et Thomas HÄNDEL).
  • 9h30 - 10h10 Temps de travail : état des lieux en Europe (Jean Marie PERBOST).
  • 10h15 - 10h30 Questions de la salle et réponses de l’orateur.
          • 10h30 - 10h45 Pause.
  • 10h45 - 11h45 Propositions allemandes ATTAC: semaine de 30 heures et nouveaux partages de travail et Initiative «Réduisons le temps de travail maintenant!».
  • 11h45 - 12h15 Questions de la salle et réponses de l’orateur.
          • 12h15 - 13h45 Déjeuner buffet (15 euros).
  • 13h45 - 14h45 Propositions françaises COLLECTIF ROOSEVELT: semaine de quatre jours (Dominique MEDA et Christian WODLI, membre du COLLECTIF ROOSEVELT 67).
  • 14h45 - 15h15 Questions de la salle et réponses de l’orateur.
          • 15h15 - 15h30 Pause.
  • 15h30 - 16h00 Témoignages d’entreprises.
  • 16h00 - 17h00 Débat.
  • 17h00 - 17h30 Synthèse et conclusion (K. Delli, T. Händel, ATTAC Deutschland AG ArbeitFairTeilen, Collectif Roosevelt, ACTES 67).


En bref
Quoi?
Forum européen «Partage du temps de travail, maintenant!».
Qui?
- Des organisateurs: 
. Collectif Roosevelt;
. Acte 67;
. ATTAC.
- Des participants:
. Jean Marie PERBOST (auteur de l’étude «Travailler plus? Travailler moins?» pour le 
groupe des Verts-ALE publié par la Green European Foundation (GEF);
Mohssen MASSARRAT (professeur émérite d’économie et de science politique de 
l’université d’Osnabrück, co-auteur du «manifeste...» et de la «lettre ouverte pour la 
semaine de 30 heures pour la fin du chômage de masse»;
. Margareta STEINRÜCKE (sociologue, responsable de la politique d’égalité des sexes 
à la chambre des salariés de Brême, coordinatrice (avec Stephan Krull) de l’initiative  
«Réduire le temps de travail maintenant!»;
. Dominique Méda (professeur de sociologie à l’Université Paris-Dauphine
titulaire de la chaire «Reconversion écologique, travail, emploi, politiques sociales» 
au Collège d’études mondiales, auteur de «La Mystique de la croissance» (Flammarion, 
Paris, 2013).
- Avec le soutien et en présence de:
. Karima DELLI (députée européenne Europe Ecologie-Les Verts d’Ile-de-France et 
membre du groupe des Verts-Alliance libre européenne);
. Thomas HÄNDEL (député européen Die Linke et membre du Groupe confédéral de la 
Gauche unitaire européenne);
. Evelyn REGNER (députée européenne, parti social-démocrate d'Autriche-groupe 
de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates au parlement européen.
- Avec, aussi, le témoignage de deux chefs d'entreprise. 
Où?
Centre Européen de la Jeunesse
à Strasbourg.
Quand?
Mardi 19 novembre 2013, 
de 9h à 18h.
Combien?
Gratuit.
Déjeuner: 15 euros (+ 1,13 euros de frais de gestion).
Mais encore...
Inscriptions obligatoires: actes.67@free.fr
Renseignements: 0(033)6 79 93 70 21.
ACTES 67: 47 Rue du Markstein - 67100 Strasbourg.
Tél. : 0(033) 6 71 44 78 73.


samedi 9 novembre 2013

Citoyenneté. L'avenir en chantier

 










1381237_726063610742274_1310015547_n 

Retour 
sur le 
lancement 
Où ce sont 
plus de 140 
réseaux 
associatifs 
qui se sont 
rassemblés. 
Pour mettre 
l'avenir 
en chantier. 

Rappelons le principe de cette rencontre: créer un espace commun d’échange et de construction entre les acteurs de la société civile pour relier et rendre visible les initiatives citoyennes de terrain. 
En clair, montrer que des alternatives existent et faire travailler ensemble tous celles et ceux qui œuvrent pour plus de justice sociale et pour une nouvelle donne en matière économique, sociale, environnementale, démocratique, etc.

Présentation et rencontre matinales

Dans un premier temps, ces initiateurs des Etats généraux que sont Claude Alphandéry (président du Labo de l’Economie Sociale et Solidaire), Patrick Viveret (philosophe), Michel Dinet (Président du Conseil général de Meurthe et Moselle) et Pierre Larrouturou (Président du Collectif Roosevelt), ont pris la parole pour présenter la démarche. 
Tou-te-s les participant-e-s étaient ensuite invité-e-s à prendre la parole pour présenter leurs initiatives. 

Après-midi thématique

Dans un deuxième temps, les participant-e-s se sont réparti-e-s en ateliers thématiques afin de lancer la réflexion sur différents thèmes: économiques, sociaux, écologiques, démocratiques. 
L’idée: «repérer des initiatives concrètes à co-coconstruire ensemble.»

En scène et en chaîne

Et l'avenir?
Trois chantiers ont d'ores et déjà été initiés...
. Un événement sur le thème de la convivialité et du vivre-ensemble se tiendra le 17 décembre.
. Un projet sur la transition écologique se concrétisera dans toute la France le 1er février.
. Et un événement en lien avec les questions de chômage et d’emploi suivra le 1er mai.
Une affaire qui roule?
«L'envie de travailler ensemble pour mettre en scène et en chaîne nos différentes initiatives était palpable, s'enthousiasme en tout cas un participant du Collectif Roosevelt.
Une grande énergie est ressortie de cette première journée de lancement.»

(1) Le 12 octobre, à Paris.


En bref
Pour plus d’informations : http://eg-pouvoir-citoyen.org/

mardi 5 novembre 2013

Anonymous. A qui profite le «dream»?

«J'aimerais libérer ton esprit,
mais je ne peux que te montrer la porte.»
Le groupe hacktiviste 
Anonymous en appelle ce cinq novembre
Soit...
Mais à qui profite le «dream»

«Citoyens du monde libre.
Nous sommes Anonymous.
Nous sommes le peuple, le gouvernement du monde. 
Banquiers véreux et patrons malhonnêtes, prenez ce message comme le dernier testament.
Le jeu est officiellement terminé.
Les médias sociaux ont donné naissance à quelque chose de nouveau.
Il est temps maintenant de remettre les pendules à l'heure.
Cette vidéo a été conçue comme une étincelle pour embraser les coeurs et les esprits du monde.
Cette vidéo est une idée à partager.
Ecoutez attentivement ce qui suit...
Rendez-vous le cinq novembre 2013 pour un rendez-vous pacifique mondial et de désobéissance civile.
Cette fois, nous allons nous attaquer aux établissements publics, aux syndicats, etc.
Le temps de la révolte a sonné.
Et nous sommes très motivés.
Posez vous cette question.
Où serai-je pendant que nous faisons l'Histoire?
Le cinq novembre, partout dans le monde, ce sera une
vendetta personnelle maintenant.
Il est temps d'occuper les grandes villes du monde. 
Il est temps de se rassembler sous une même idée et d'informer les gens sur notre plan de contestation.
Il est temps pour nos frères et soeurs de se réveiller et de descendre dans la rue.
C'est la guerre.
C'est une question de solidarité d'aider les gens que vous rencontrez et de s'unir pour des idées et objectifs communs. 
Il y aura toujours de l'espoir.
Nous sommes Anonymous.
Nous sommes légion.
Comptez sur nous.»

Plein de spectacle et vide de sens?

Se soulever, donc.
Mais pourquoi?
Désobéir, soit.
Mais à quoi?
Occuper des espaces publics et s'attaquer à des sites gouvernementaux ou bancaires, certes.
Mais dans quel but?
On demande le décodeur.
A moins qu'il ne s'agisse simplement de ranimer «la flamme de la protestation»?
A moins que l'on se contente d'y aller de grandes envolées lyriques et incontrôlées sur les inégalités économiques, l’austérité et la dictature du monde de la finance?
A moins que le plein de spectacle ne serve avant tout à camoufler le vide de sens?.... 

C.E.

Pour suivre: "Citoyenneté. L'avenir en chantier" (Retour sur les Etats généraux du Pouvoir Citoyen).