L'engagement des Indignés relève-t-il du projet
ou de l'utopie?
Telle est la question
que pose une étude
réalisée par l'initiateur
de ce blogpour le comptede l'a.s.b.l. bruxelloise Siréas.
Un document (1) à paraître tout prochainement (2)
et dont voici un bref extrait en avant-première.
Les Indignés ne se contentent pas de s'offusquer.
Il s'engagent aussi: en se déplaçant, en prenant la parole, en campant, en participant à des marches...
Il n'empêche que, trop souvent, leur combat s'inspire d'une logique réactive.
Et se décline sur le mode négatif.
Les intéressés cantonnent donc leur action dans un registre défensif: celui du refus.
Ils sont contre...
Mais contre quoi?
Contre le système politique?
Contre la tyrannie de l'économique?
Contre l'ensemble de l'ordre établi?...
«Nos sociétés regorgent de gens qui sont “contre”, tandis que se raréfient ceux qui sont “pour” quelque chose de concret et d’identifiable, analyse le philosophe espagnol Daniel Innerarity.
Ce qui mobilise aujourd’hui, ce sont des énergies négatives d’indignation et de victimisation.
Tout le problème consiste à savoir comment y faire face.
C’est ce que Pierre Rosanvallon a appelé l’“ère de la politique négative”, où ceux qui s’opposent ne le font plus à la façon des rebelles ou des dissidents d’hier, dans la mesure où leur attitude ne dessine aucun horizon souhaitable, aucun programme d’action.
Dans ce contexte, le problème est de réussir à distinguer la colère régressive de l’indignation juste, et de mettre cette dernière au service de mouvements efficaces et transformateurs.» (3)
Un peu de patience, s.v.p.!
«Balivernes!, s'insurge Damien (4).
Il faut nous laisser le temps d'oeuvrer à l'approfondissement de notre projet.
Avant d'agir, nous devons d'abord mener cette tâche à bien.
Car il n'est pas question de reprendre en l'état une idéologie indignée qui, aujourd’hui, reste trop focalisée sur l'analyse marxiste et sur l’anarchisme.
Nous avons besoin de régénérer ce qui existe.
Comment s'en étonner?
Le monde a changé.
Le principe de solidarité nationale, par exemple, est remis en cause.
La sécurité sociale est vendue au plus offrant.
Et tous les services publics sont menacés de privatisation.
Ce qui constitue une remise en cause fondamentale du contrat social en vigueur dans toute l’Europe depuis cinquante ans.» (5)(6)(7)
Christophe Engels
(1) Engels Christophe, Une journée d'Ivan... l'indigné. L'épisode bruxellois: projet ou utopie?, étude du Siréas (Service International de Recherche, d'Education et d'Action Sociale, à Bruxelles: www.sireas.be), octobre 2011.
(2) Plus d'informations suivront sur ce blog.(3) Innerarity Daniel, S'indigner pour que rien ne change, in El Pais du 25/05/2011.(4) Damien est un Français expatrié en Angleterre puis au Pays-Bas, qui met son multilinguisme au service de la cause indignée.
(5) Cité in Engels Christophe, Une journée d'Ivan... l'indigné. L'épisode bruxellois: projet ou utopie?, ibidem, pp.16-17.
(6) Pour toute information pratique sur les Indignés, voir www.indignez-vous.be/fr/.(7) Ce message est extrait de Engels Christophe, Une journée d'Ivan... l'indigné. L'épisode bruxellois: projet ou utopie?, ibidem, pp.16-17.
Il s'engagent aussi: en se déplaçant, en prenant la parole, en campant, en participant à des marches...
Il n'empêche que, trop souvent, leur combat s'inspire d'une logique réactive.
Et se décline sur le mode négatif.
Les intéressés cantonnent donc leur action dans un registre défensif: celui du refus.
Ils sont contre...
Mais contre quoi?
Contre le système politique?
Contre la tyrannie de l'économique?
Contre l'ensemble de l'ordre établi?...
«Nos sociétés regorgent de gens qui sont “contre”, tandis que se raréfient ceux qui sont “pour” quelque chose de concret et d’identifiable, analyse le philosophe espagnol Daniel Innerarity.
Ce qui mobilise aujourd’hui, ce sont des énergies négatives d’indignation et de victimisation.
Tout le problème consiste à savoir comment y faire face.
C’est ce que Pierre Rosanvallon a appelé l’“ère de la politique négative”, où ceux qui s’opposent ne le font plus à la façon des rebelles ou des dissidents d’hier, dans la mesure où leur attitude ne dessine aucun horizon souhaitable, aucun programme d’action.
Dans ce contexte, le problème est de réussir à distinguer la colère régressive de l’indignation juste, et de mettre cette dernière au service de mouvements efficaces et transformateurs.» (3)
Un peu de patience, s.v.p.!
«Balivernes!, s'insurge Damien (4).
Il faut nous laisser le temps d'oeuvrer à l'approfondissement de notre projet.
Avant d'agir, nous devons d'abord mener cette tâche à bien.
Car il n'est pas question de reprendre en l'état une idéologie indignée qui, aujourd’hui, reste trop focalisée sur l'analyse marxiste et sur l’anarchisme.
Nous avons besoin de régénérer ce qui existe.
Comment s'en étonner?
Le monde a changé.
Le principe de solidarité nationale, par exemple, est remis en cause.
La sécurité sociale est vendue au plus offrant.
Et tous les services publics sont menacés de privatisation.
Ce qui constitue une remise en cause fondamentale du contrat social en vigueur dans toute l’Europe depuis cinquante ans.» (5)(6)(7)
Christophe Engels
(1) Engels Christophe, Une journée d'Ivan... l'indigné. L'épisode bruxellois: projet ou utopie?, étude du Siréas (Service International de Recherche, d'Education et d'Action Sociale, à Bruxelles: www.sireas.be), octobre 2011.
(2) Plus d'informations suivront sur ce blog.(3) Innerarity Daniel, S'indigner pour que rien ne change, in El Pais du 25/05/2011.(4) Damien est un Français expatrié en Angleterre puis au Pays-Bas, qui met son multilinguisme au service de la cause indignée.
(5) Cité in Engels Christophe, Une journée d'Ivan... l'indigné. L'épisode bruxellois: projet ou utopie?, ibidem, pp.16-17.
(6) Pour toute information pratique sur les Indignés, voir www.indignez-vous.be/fr/.(7) Ce message est extrait de Engels Christophe, Une journée d'Ivan... l'indigné. L'épisode bruxellois: projet ou utopie?, ibidem, pp.16-17.